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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE LARMÉE

attaquaient partout avec audace, sans se laisser intimider par les déchargesde lartillerie. Cependant les Français sétant formés en colonne, se mirent enmarche pour retourner à Alger , avec des tirailleurs pour avant-garde et lacavalerie sur les flancs. Cette marche fut longue et périlleuse ; les Kabylesharcelaient les troupes avec acharnement. Plusieurs fois elles furent obligéesde se former en carré et demployer lartillerie pour les éloigner. Létat-majorse trouva engagé dans une charge, et le général Desprez faillit tomber entreles mains de lennemi. Les Arabes ne cessèrent leur attaque quà la vue desavant-postes dAlger. Retournés à Blidah , ils se vengèrent sur les Juifs et lesMaures du bon accueil fait aux Français : la ville fut livrée au pillage; lagaetses gardes maures étaient revenus à Alger avec nos troupes. Cette excursionprouva que la population arabe était encore loin dêtre soumise. Les négocia-tions entamées avec quelques chefs de tribus furent rompues. Lidée que lemouvement opéré sur Blidah avait pour but de couper leurs communications,de les envelopper et de les détruire successivement, effraya les Arabes. Ilsjurèrent de se venger ; et, sur le point de se montrer amis utiles, ils devinrentdimplacables ennemis.

Mais soudain une corvette venant de Toulon entre dans la baie... ; elle portele pavillon tricolore ! Les dépêches quelle apporte au maréchal de Bourmontlui apprennent quune révolution a renversé la branche aînée des Bourbons,et que le roi sest embarqué pour lAngleterre. Le maréchal assemble sonconseil, on délibère. La première mesure est défaire prendre à lannée lavieille cocarde dAusterlitz et de Wagram ; puis on décide lévacuation dOran et de Boue, nos troupes ne sont pas en forces suffisantes pour affronter lespérils de loccupation. Le 2 septembre, le général Clausel est apporté à Alger par le vaisseau VA Ujésiras ; il est chargé par le nouveau gouvernement de rem-placer le maréchal de Bourmont. La première mesure du nouveau chef est uneproclamation à larmée, pour lui apprendre la révolution de juillet, la chutede Charles X et lavénement de Louis-Philippe , «qui réunissait disait laproclamation à la légitimité du droit la légitimité du choix et de la né-cessité... , et sous qui tous les droits de larmée seraient religieusement res-pectés. » Le maréchal de Bourmont publia de son côté une seconde procla-mation pour annoncer à larmée quil remettait son commandement à sonsuccesseur. On lisait dans ce document « quen séloignant de ces troupesdont la direction lui a été confiée dans une campagne qui na pas été sansgloire, il éprouve des regrets quil a besoin de leur exprimer. Il eût été heu-reux quavant son départ ceux dont il a signalé le dévouement en eussentreçu le prix ; mais le choix de son successeur leur garantit que cette dette seraacquittée. »

Le maréchal de Bourmont écrivit au ministre de la guerre pour lui annon-cer son désir de passer quelque temps à létranger; il ne sexpliquait point,dans cette lettre, sur le serment quil avait à prêter au nouveau gouver-nement. Lamiral Dupcrré ne crut pas pouvoir mettre un bâtiment deson escadre à la disposition du maréchal pour débarquer ailleurs quen