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Tome quatrième.
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23(1 HISTOIRE DE LARMÉE

la capitale, de rétablir l'ordre, et île préparer à la France des institutions populaires analo-gues à celles sous lesquelles la llépublique française a tant grandi la France et son armée.

« Vous saluerez, nous nen doutons pas, ce drapeau de la patrie, remis dans les mains dumême pouvoir qui l'avait arboré le premier. Vous sentirez que les nouvelles et fortes institu-tions populaires qui vont émaner de l'Assemblée nationale, ouvrent à larmée une carrière dedévouement et de service que la nation, libre, appréciera et récompensera mieux que lesrois.

« Il faut rétablir lunité de l'armée et du peuple, un moment altérée.

« Jurez amour au peuple, sont vos pères et vos frères '.jurez fidélité h ses nouvelles in-stitutions, et tout sera oublié, excepté votre courage et votre discipline. La liberté ne vousdemandera plus d'autres services que ceux dont vous aurez à vous réjouir devant elle et àvous glorifier devant ses ennemis!

« Les membres du gouvernement provisoire. »

Nous devons dire que les principaux chefs de larmée, quel que fût le partiauquel ils appartinssent précédemment, et un grand nombre de serviteurs dela dynastie dOrléans , tirent leur soumission, verbalement ou par lettre, à laRépublique. De la part de beaucoup, ces adhésions furent un véritable scan-dale. On eût surtout préféré, pour lhonneur de son caractère, ne pas compterle maréchal Bugeaud parmi les plus empressés à faire cette soumission.

A mesure quune nomination était décidée à lHôtel-de-Yille, lagent mili-taire ou civil partait avec quelques instructions sommaires, infiltré de les-prit du conseil, et, si lon peut dire, du feu de lurgence. La préfecture depolice, dabord offerte à M. Baune, échut à M. Marc Caussidière , qui sadjoi-gnit un de ses amis, M. Sobrier. Au moment le gouvernement lançait lespièces précédentes, M. Caussidière faisait, de son côté, afficher celle qui suit:

« Citoyens,

« Un gouvernement provisoire vient dêtre installé, choisi par la volonté du peuple. Pourveiller à lexécution des mesures qui seront prises par ce gouvernement, la volonté du peuplea aussi choisi, pour scs délégués au département de la police, les citoyens Caussidière etSobrier.

« La même volonté souveraine du peuple a désigné le citoyen Etienne Arago à la directiongénérale des postes.

« Comme première exécution des ordres du gouvernement provisoire, il est ordonné à tousles boulangers et fournisseurs de vivres de tenir leurs magasins ouverts à tous ceux qui enauraient besoin.

« Il est expressément recommandé au peuple de ne point quitter ses armes, ses positions,ni son attitude révolutionnaire. Il a été trop souvent trompé par la trahison : il importe dene pas laisser de possibilité à daussi terribles et daussi criminels attentats.

« Pour satisfaire au vœu général du peuple souverain , le gouvernement provisoire a dé-cidé et effectué, avec l aide de la garde nationale, la mise en liberté de tous nos frères détenuspolitiques; mais en même temps il a conservé dans les prisons, toujours avec lassistance ho-norable de la garde nationale , les détenus constitués en prison pour crimes ou délits contreles personnes et les propriétés.

« Les familles des citoyens morts ou blessés pour la défense des droits du peuple souverainsont invités à faire parvenir, aussitôt que possible, aux délégués du département de la po-lice, les noms des victimes de leur dévouement à la chose publique, afin quil soit pourvuaux besoins les plus pressants.

« Les délégués au département de la police,

« Caussidière et Sobrier. »

Nommé la veille à la direction générale des postes, M. Etienne Arago , lundes héros de la bataille, avait prié M. Dejean de lui céder la place, ce qui sé-tait fait avec une sorte de courtoisie voisine du comique. M. Dejean avait seu-lement réclamé de son successeur de par la République , la délivrance dunepièce ' , signée et propre à ligurer dans les archives. M. Etienne