211
ÎIISTOIIIE DE E’AKMEE
* Que partout donc les travaux reprennent leur activité. Ouvriers! après la victoire, letravail, c'est encore un bel exemple que vous avez à donner au monde, et vous le donnerez.
« Le ministre des travaux publies, Marie. »
— Lettre du ministre de l'instruction publique aux présidents des quatreclasses de l’Institut, concernant les voyages annuels dans l’intérêt des scienceset de l’agriculture.
— Circulaire du meme aux recteurs des académies, afin d’améliorer lacondition des instituteurs primaires. Nous reproduisons ce texte important,point de départ de tant de perturbations profondes.
« Monsieur le recteur, la condition des instituteurs primaires est un des objets principauxde ma sollicitude. Ce sont les membres de la hiérarchie universitaire qui touchent le plusdirectement h tout le peuple; c’est à eux que sont confiées les bases de l’éducation nationale.
« Il n’importe pas seulement d élever leur condition par une juste augmentation de leursappointements ; il faut que la dignité de leur fonction soit rehaussée de toutes manières ; et,dans ce but, je veux que le prinoipede l’émulation et de la récompense soit introduit parmi eux.
« Il faut qu’au lieu de s’en tenir h l'instruction qu’ils ont reçue dans les écoles normalesprimaires, ils soient constamment sollicités h l’accroître.
« Il faut que les progrès qu’il leur sera possible de réaliser dans cette éducation solitaire ,soient constatés comme ceux qu’ils avaient accomplis dans les écoles où ils se sont formés.
« Il faut que ces progrès leur deviennent profitables ainsi qu’à la République .
» Rien n’empèche que ceux qui en seront capables ne s'élèvent jusqu’aux plus hautes som-mités de notre hiérarchie. Leur sort, quant à l’avancement, ne saurait être inférieur à celuides soldats; leur mérite a droit aussi de conquérir des grades.
« Il suffit de quelques livres de mathématiques , de physique, d’histoire naturelle , d’agri-culture, pour que ceux (pii ont reçu les dons du génie parviennent par leurs méditationsjusque dans les rangs’ les plus élevés de la science. Mais, pour que tous soient animés dansune voie d’émulation si glorieuse, il est nécessaire que des positions intermédiaires leur soientassurées. Elles le seront naturellement par l’extension que doit recevoir dans les écoles pri-maires supérieures l'enseignement des mathématiques, de la physique, de l’histoire naturelle,de l’agriculture.
« Les instituteurs primaires seront donc invités, dans toute l’étendue de la République , àse préparer à servir au recrutement du personnel de ces écoles. Tel est un des complémentsde l’établissement des écoles normales primaires. L’intérêt de la République est que les portesde la hiérarchie universitaire soient ouvertes aussi largement que possible devant ces magis-trats populaires.
« Portez dès à présent, monsieur le recteur, à la connaissance des instituteurs primaires etde l’école normale de votre ressort ces vues du gouvernement à leur égard.
« Recevez, monsieur le recteur, l’assurance de ma considération distinguée.
« Le ministre provisoire de l'instruction publique et des cultes, Carxot. »
La circulaire de M. Carnot aux recteurs d’académies, sur l’ensemble et lesprincipes de l’instruction à donner à la nation, n’a pas une moindre impor-tance. Ce grave document doit également être mis sous les yeux des lecteurs,en raison des graves conséquences qu’il a eues depuis dans la polémiquedes partis.
« Monsieur le recteur,
« Il vous a été facile de pressentir que ma lettre d’hier, touchant le recrutement de l’Ecolepolytechnique, n’était qu’un détail d'un vaste ensemble. Je l’ai détaché et mis en avant pourfaire honneur à cette école qui, en 1818, comme en 1850 et en 1813 , a su remplir si héroï-quement ses devoirs envers le peuple.
« Il suffit d'ailleurs de remonter aux principes qui ont inspiré à nos pères la création dol’Ecole polytechnique, pour trouver les sources générales qu’il importe aujourd'hui de fairejaillir dans toutes les branches de l’instruction publique.
« Cette école n’est pas seulement chère au peuple français par le patriotisme qui Ta tou-jours distinguée, mais par son institution qui, est essentiellement démocratique. La main puis-sante de la Convention nationale y est empreinte.