ET DE TOl'S LES liELEMENTS.
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« Ici, comme sur tant d'autres points, il nous reste seulement îi développer et à pratiquerce que nous a indiqué le génie de nos pères. Il faut que toutes les branches du service nationalaient aujourd’hui leur école polytechnique.
« Je ne mettrais pas tant de promptitude, monsieur le recteur, à vous communiquer cesvues générales du gouvernement , si jo ne prenais en considération la position particulièredans laquelle vous devez vous trouver en présence de l'animation que la proclamation de laRépublique cause en ce moment dans toute la masse du peuple français .
« Les conséquences d’une révolution faite au profit de tous par une cité généreuse, ne sontnulle part mieux à découvert que dans le domaine de l'instruction publique.
« Le coup d'œil sur et rapide du peuple n’a eu besoin que d’un instant pour les apercevoir,et il importe que vous soyez en mesure de faire connaître autour de vous que le gouverne-ment, sur ce point comme sur tous les autres, est à la hauteur de la République et ne sau-rait être devancée par personne.
« Les populations ne peuvent sentir aussi clairement qu'il le faut combien la France estintéressée à la constitution républicaine, qu’en sachant tout ce que cette constitution lui as-sure. 11 ne s’agit pas seulement dans notre révolution d'un déplacement du principe de lasouveraineté, mais de toutes les conséquences légitimes de ce changement radical.
« 11 ne peut être question, en ce moment, des moyens d’organisation. Ces moyens doiventêtre mis à l’étude, et je prends des mesures pour qu’ils le soient dès à présent. Ma lettren'est relative qu’aux principes. Ce sont ces principes qui forment aujourd'hui tous les gagesde notre avenir, et le gouvernement, plein de la force de ses intentions, n’hésite point à lesdonner hautement.
« Les lois de l’instruction primaire nous sont toutes tracées dans les immortelles déclara-tions de nos pères. L’instruction primaire embrasse toutes les connaissances nécessaires audéveloppement de l’homme et du citoyen.
« La définir ainsi, c’est assez dire combien elle doit s'élever au-dessus de son état actuel.C'est assez dire aussi que la République ne saurait souffrir sans dommage qu’un seul de sesenfants en soit privé. Elle est donc gratuite dans toute son étendue.
« Si l’on ne considérait que l’individu, cette instruction primairedevrait suffire Maislacon-servation et le perfectionnement d’une société qui, malgré tant de progrès accomplis, en voitencore tant devant elle, imposent au ministère de l'instruction rpie d’autres devoirs.
« Il est nécessaire , dans l’intérêt de la société, qu’un certain nombre de citoyens reçoiventdes connaissances plus étendues que celles qui suffisent pour assurer le développement del’homme. Ces connaissances sont indispensables au service de la société dans les directionsnombreuses où leur besoin se fait sentir C’est ù quoi répondra , dans la République française ,rétablissement de l’instruction secondaire.
« La civilisation ne peut que gagner à ce que le nombre de ces hommes instruits soit aussigrand que les conditions générales de la société le permettent. Mais le gouvernement ne peutse proposer, dans la distribution do cette instruction, que d’assurer à la République tous leshommes de ce mérite qui sont réclamés par les exigences de son service.
« C’est pour atteindre ce but le plus parfaitement possible, que le gouvernement républi-cain, appliqué dans toutes ses actions à l’intérêt général, se propose de recruter ces agentssi essentiels dans toute la masse du peuple.
« C'est le seul moyen de donner à la République le personnel le plus capable auquel ellepuisse prétendre.
« C'est aussi le seul moyen d'assurer la vérité du principe que les fonctions publiques sontégalement accessibles à tous les citoyens ; c'est un principe illusoire, si les moyens de s'éleverà ces fonctions ne sont pas assurés à tous les enfants également.
« Il faut donc veiller à ce que les portes de l'instruction secondaire ne soient fermées àaucun des élèves d élite qui se produisent dans les établissements primaires. Toutes les me-sures nécessaires à cet égard seront prises.
« On ne saurait sans doute se dispenser de prévoir dans les programmes de l'instructionsecondaire la diversité des fonctions auxquelles les élèves sont destinés. Mais le gouvernementn'ignore pas combien il est essentiel à la France que tous soient liés par la solidarité d’uneéducation commune, aussi libérale que le veut le caractère de généralité qui distingue legénie de la nation. Il tiendra la main à ce que les droits de l'unité soient maintenus aussi bienque ceux do la variété.
« C’est dans les écoles supérieures seulement que le principe delà spécialité, prudemmentpréparé dans les autres, doit se dessiner tout à fait. L’accès aux leçons do ces écoles ne peutêtre défendu à personne ; mais c’est en vue des élèves dignes de servir aux intérêts générauxde la société qu’elles doivent être instituées. Il n’v a que la décision des examens qui puissey conférer tous les droits.