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HISTOIRE DE L’ARMÉE
scriptum. On terminait aussi maints préparatifs de la tète, tandis qu'elleachevait de se célébrer. Sur plusieurs points les mots qui composent la devisedelà République étaient encore inachevés, que chacun s’en allait chez soi. Aureste, pour la partie descriptive de cette journée, faudrait-il nous en référeranxiétés mythologiques de messidor: bœufs à cornes dorées, jeunes filles endéesses, etc., etc., et toutes les ridicules conceptions du peintre David le con-ventionnel. La vraie tète fut dans la joie de la population qui savait le dangerauquel le pays avait échappé peu de jours auparavant. Il en fut cette foiscomme de ces tragédies antiques ou c’est le chœur, chœur immense d’unenation entière, qui joue le premier rôle. Une fête de la Concorde ne sauraitmieux réussir.
Nous trouvons dans un journal le passage suivant qui lance un rayon dansdes ombres :
« On pourrait sans malveillance conclure d'une note insérée dans le Moniteur Clc ce jour,21 mai, jour où on fête la Concorde , quelle ne règne pas absolument entre les membres dela commission exécutive. Il s’agit de la distribution d’armes et de cartouches faite, la veillede la manifestation du 16 avril, à cette prétendue succursale do la préfecture de police, sisedans la maison do la rue de Rivoli , 10.
« M. Arago lient à prouver (pie, comme ministre de la guerre, il a donné l’ordre de fournirles fusils et les munitions qui lui étaient demandés par l'autorité chargée de veiller à lasûreté do I’aris, mais qu’il n’est intervenu en rien dans la répartition anormale qui s’en estfaite entre les deux sièges de cette police en partie double, dont il n’avait pas à connaître.
« M. Arago laisse à M. Ledru-Uollin toute la responsabilité de la confiance malheureuseque ce dernier a accordée le la avril à ces auxiliaires irréguliers qui l'ont si mal jusl-iliéc lo15 mai. »
La question du costume des représentants est modiliée et résolue commesuit :
« Art. 1 er . Tout représentant siégeant en séance, devra porter à la boutonnière un signedistinctif, conforme au modèle, et consistant en un ruban rouge à liserés blanc et bleu, ornédes faisceaux do la République , surmontés de la main de justice.
« Art. 2. Dans les cérémonies extérieures, les représentants devront, en outre, porter uneécharpe tricolore à franges d’or, suspendue à l'épaule droite, et passant sous le bras gauche. »
Les représentants n’ont, depuis, porté le signe désigné pour la boutonnière<[ite dans les occasions exceptionnelles. D’ordinaire, en séance, rien ne lesdistingue des autres citoyens.
Le 22 mai, le National ayant annoncé que le prince de Joinville était ar-rive a Paris , accompagné du général de Rumiguy, la Presse, en démenti àce lait, publie plusieurs lettres particulières de ce prince adressées il un of-licicr de marine. Ces lettres, qui l’évident une fois encore les nobles et pa-triotiques sentiments du prince, ainsi que sa touchante résignation devantl’adversité née d’événements qu’il n’a [tas causés, sont comme une sorte deprotestation intime contre le décret de bannissement présenté à l’Assembléeparla commission du pouvoir exécutif.
A cette date on constate qu’il existe une scission très-tranchée entre lesmembres de la commission du pouvoir exécutif. MM. de Lamartine et Ledru-Rollin sont ensemble : c’est le parti du mouvement. MM. Arago, Garnier-Pa-gès et Marie constituent, de leur côté, ce qu'on appelle le parti modéré.