ET DE TOUS LES RÉCIMEXTS. 337
Un nouveau crédit d’un million est a liée té aux dépenses des ateliers natio-naux.
Comoquant pour le î juin les assemblées électorales qui ont des repré-sentants à élire, par suite des nominations doubles, le pouvoir exécutif or-donne la fermeture des clubs Raspail et Blanqui.
Les lignes qui suivent, publiées par un journal, résument la situation deParis à la fin du mois de mai, c’est-à-dire trois mois après la révolution :
« La sécurité esl rentrée pour le moment dans la ville: rentrera-t-ellc enfin dans lesesprits? Ce n'est pas l’émeute désormais qui est le plus à craindre. Vaincue par la garde na-tionale, par l'armée, par le peuple de Paris , elle le serait encore si elle osait menacer le gou-vernement ; le sentiment public est unanime pour repousser des doctrines anarchiques, pouropposer la force de tous à la violence de quelques-uns. Mais quand reprendront les affaires?quand sortirons-nous de la langueur et du marasme? quand verra-t-on renaître la confiance?
« Chacun s’adresse ces questions, et nul ne peut y répondre. Les affaires no reprendrontquelque activité, la confiance ne renaîtra que le jour où le pouvoir uni, ferme, résolu, au-dessus du soupçon, étranger aux défiances, fera appel à tous les dévouements, à toutes lescapacités, sans aucune distinction injurieuse ou puérile, pour les rallier en un faisceau au-tour de lui. »
Le 21, l’Assemblée reçoit deux lettres signées, l’une François et Henri d’Or-léans, l’antre Louis d’Orléans . Elles sont relatives au projet de décret de ban-nissement sur lequel un rapport doit être fait à l’Assemblée cl dont nousparlerons plus bas. Celle-ci, tandis que la commission nommée travaille ac-tivement au projet de Constitution, discute des motions d’ordre. Par com-plément à la mention que nous avons faite plus haut d’un journal qui expo-sait la situation du pays, nous transcrirons également la lettre suivante,adressée à M. Blanqui, interceptée par l’autorité, et publiée par le Droit.Cette révélation de la tactique odieuse de certains hommes devait trouversa place ici, pour porter une lumière nouvelle sur la situation d’alors:
k Au citoyen Blanqui.
« La bourgeoisie l’emporte sur toute la ligne... Ce n’est pas ouvertementque vous pourrez arriver à ruiner et écraser la bourgeoisie, qui veut anéan-tir jusqu’au sentiment populaire; mais, ainsi que les armées de parti-sans, trop petites pour combattre en plaine, en bataille rangée, scs soldatsépuisent et dispersent une grosse armée par leur guerre cachée et sourde.Ainsi les Vendéens en 93. C’est par les inquiétudes continuelles, les menéessourdes que vous pourrez empêcher le commerce, «pii est l’àme de la bour-geoisie, le crédit de reprendre, et lui faire couler jusqu’à sa dernière pièced’argent. L’argent, c’est le sang de la bourgeoisie, c’est la banqueroute; lachute du 3 pour 10Ü et du a pour 100, voilà son Waterloo à elle, le reste luiesl bien égal; (pic le sang du peuple coule, que la rente remonte, et tout estdit; aussi dcsirc-t-cllc assez en venir aux mains avec vous. La banqueroutede l’Etat, de la banque, et la voilà flambée; et, pour y arriver, l'inquiétude,les propos, les escarmouches; mais pas de combats, où elle aurait le grandavantage. En 1831, un an après juillet, vous avez su l’entraver dans son cré-dit, et la situation était bien meilleure pour elle qu’aujourd’hui. Le crédit,c’est par là qu’elle est vulnérable, tel est le genre de mort qu’il lui faut, si-
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