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Tome quatrième.
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171' DE TOUS LES RÉGIMENTS,nement en lisant les derniers rapports que ses aides-de-camp apportaient.L’insurrection était de tontes parts refoulée ou contenue, à l’exception dufaubourg du Temple, du faubourg Saint-Antoine et des immenses quartiersadjacents, centre d’une population touffue, jadis turbulente, aujourd'huiconvulsive. Les soldats qui combattaient depuis le matin étaient fatigués. Lanuit devait amener les renforts appelés par le gouvernement. « L’est assez« pour aujourd’hui, dit-il au conseil. 11 faut laisser reposer les soldats, gar-« der nos positions, recruter nos forces, demain nous délivrerons la partie« de la rive gauche qui résiste encore. » — Cet avis avait des motifs plau-sibles; les troupes étaient rares, décimées, exténuées; mais si la nuit devaitamener des défenseurs, elle devait aussi entraîner tous les quartiers popu-leux dans la sédition, multiplier les barricades, les changer en forteresses etnécessiter des tlots de sang de la garde nationale et de l’armée pour les re-conquérir. Lamartine en fit l’observation au général et au conseil : « Nous« avons encore quatre heures de jour, dit-il, et toute une longue nuit; ne les« laissons pas.à l’insurrection. Prévcnons-la, étoutfons-la, resscrrons-la du« moins le plus étroitement possible avant les ténèbres; si les troupes nous« manquent, enlevons par notre exemple la garde nationale qui flotte et qui« tarde, formons avec le peu de bataillons groupés autour de l’Assemblée« une dernière colonne d’attaque, et conduisons-la nous-mêmes à l’assaut« des barricades du faubourg du Temple, position la plus forte et la plus dé-« cisive des insurges. »

« Le général Cavaignac adopta ce sentiment, el voulut conduire lui-mêmela masse de la colonne. »

En effet, le général monta à cheval. M. de Lamartine, M. Pierre Bonaparte ,le ministre des fhïances Duclerc et quelques autres personnes, se placèrentdans le premier peloton de la garde mobile; le général Cavaignac , entouré deson état-major, se mit en tête de la niasse de la colonne, formée d’environ2,000 hommes. On prit par la place de la Concorde et par la rue de la Paix.Un orage d’été éclatait alors sur Paris , et cette colonne s’avancait sous destorrents de pluie à travers lesquels brillaient les éclairs, an retentissement dela foudre éclatante. Arrivé au Château-d’Eau, M. de Lamartine alla passeren revue l’artillerie de la garde nationale, au Temple, tandis que le généralCavaignac envoyait chercher du canon, et formait sa colonne, confiée au gé-néral Toucher, commandant de Paris .

L’orage durait encore, lorsque le ministre delà guerre entreprit l'attaquede la barricade de la rue Saint-Maur. La foudre et le canon tonnaient ensem-ble. La garde mobile tenta par deux fois très-résolument l’assaut. Mais lesinsurgés faisaient la plus énergique résistance, et la mort frappait avec furiedans les rangs des soldats. On dit qu’en ce lieu M. de Lamartine parut assezinsoucieux de la vie pour braver presque follement la mort. Le poète honnne-d’État chcrcliait-il à échapper par elle à la lourde responsabilité du sang quiallait injustement, mais inévitablement peser sur lui? Il a semblé l’avouerplus tard. Le cheval que montait M. Pierre Bonaparte fut tué à deux pas de