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Tome sixieme.
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de M. deVoltaire. 255

ou douze vers d’une de ses pièces, un attrait irré-sistible vous force de lire tout le reste.

C’est lui qui a proscrit chez tous les gens de goût ,& malheureusement chez eux seuls, ces idées gigan-tesques 8c vides de sens, ces apostrophes continuelsaux dieux , quand on ne fait pas faire parler leshommes ; ces lieux communs d’une politique ridicu-lement atroce, débités dans un style sauvage; cesépithètes fausses 8c inutiles ; ces idées obscures , plusobscurément rendues; ce style aussi dur que négligé,incorrect 8c barbare ; enfin tout ce quej’ai vu applaudipar un parterre composé alors de jeunes gens dontle goût n’était pas encore formé.

Je ne parle pas de l’artifice imperceptible despoèmes de Racine, de son grand art de conduire unetragédie ; de renouer l’intérêt par des moyensdélicats ; de tirer un acte entier d’un seul sentiment;je ne parle que de sart d’écrire. C’est sur cet art sinécessaire , fi facile aux yeux de l’ignorance, si diffi-cile au génie même, que le législateur Boileau a donnéce précepte,

Et que tout ce qu’il dit, facile à retenir,

De son ouvrage en vous laisse un long souvenir.

Voilà ce qui est arrivé toujours au seul Racine, depuisAndromaque jusqu’au chef-d’œuvre d’Atalie. (* )

J aí remarqué ailleurs que dans les livres de touteespèce, dans les sermons même, dans les oraisonsfunèbres , les orateurs ont souvent employé les tours

!*) Voyez la note à la fin de cette lettre.