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Tome sixieme.
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Lettre

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quelquefois de l’enflure pour de la grandeur ; des’être permis quelques raiíonnemens que la tragédiene peut admettre ; de s être asservi dans presquetoutes ses pièces à l’usage de son temps , d'introduireau milieu des intérêts politiques, toujours froids,des amours plus insipides.

On peut le plaindre de n’avoir point traité devraies passions , excepté dans la pièce espagnole duCid ; pièce dans laquelle il eut encore J’étonnantmérite de corriger Ion modèle en trente endroits,dans un temps où les bienséances théâtrales n étaientpas encore connues en France. On le condamnesurtout pour avoir trop négligé sa langue. Alors,toutes les critiques faites par des hommes d’esprit sur'un grand homme sont épuisées ; & l’on joue Cinna& Polieucte devant l’impératrice des Romains,devant celle de Russie, devant le doge & les sénateursde Venise , comme devant le roi 8c la reine deFrance.

Que reproche-t-on à Shakespeare? Vous le savez,Messieurs , tout ce que vous venez de voir vanté parles Chinois. Ce font, comme dit M. de Fontenelle dansses Mondes , presque d’autres principes de raisonne-ment. Mais ; ce qui est bien étrange, c est qu’alors lethéâtre espagnol, qui infectait l’Europe , en était lelégislateur. Lopez deVéga avouait cet opprobre ; maisShakespeare n’eut pas le courage de l’avouer. Ouedevaient faire les Anglais ? ce qu’on a fait en France;se corriger.

Madame Monlagu condamne, dans la perfectionde Racine, cet amour continuel qui est toujours la