2 6 2
Lettre
perfections de Racine. Je la plaindrais beaucoup fielle avait le malheur de ne pas pleurer au rôle ini-mitable de la Phèdre française , 8c rie n’être pas horsd’elle-même à toute la tragédie d’Iphigénie. Elleparaît estimer beaucoup Brumoi, parce que Brumoi,en qualité de traducteur d’Euripide, semble donnerau poète grec la préférence sur le poète français.Mais h elle savait que Brumoi traduit le grec très-infìdellement ; si elle savait que, vous y sera ma file,n’est pas dans Euripide ; si elle savait que Clytemnejlrcembrasse les genoux A'Achille dans la pièce grecquecomme dans la française , ( quoique Brumoi osesupposer le contraire ) enfin si son oreille étaitaccoutumée à cette mélodie enchanteresse qu’onnetrouve parmi tous les tragiques de l’Europe quechez Racine seul, alors Madame Montagu changeraitde sentiment.
L'Achille de Racine, dit-elle, ressemble à un jeune amantqui a du courage : òpourtant l’Iphigénie ejl une des meilleurestragédies françaises. Je lui dirais; 8c pourtant, Madame,elle est un chef-d’œuvre qui honorera éternellementce beau siècle de Louis XIV, ce siècle, notre gloire,notre modèle 8c notre désespoir. -Si nous avons étéindignés contre Madame de Sévigné qui écrivait fibien , 8c qui jugeait si mal ; si nous sommes révoltésde cet esprit misérable de parti, de cette aveugleprévention qui lui fait dire, quelamode d,' aimer Racine,passera comme la mode du casé ; jugez, Madame, combiennous devons être affligés qu’une personne auífiinstruite que vous ne rende pas justice à Pextrememérite d’un si grand homme. Je vous le dis, les yeux