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rimés , comme le célèbre Pope me l’a avoué vingtfois. Inférer dans une tragédie des scènes entièresen-prose, c’estfaveu d’une impuissance encore plushonteuse.
II est bien certain que les Grecs ne placèrent lesMuses fur le haut du Parnasse, que pour marquerle mérite & le plaisir de pouvoir aborder jusqu aelles à travers des obstacles. Ne supprimez doncpoint ces obstacles , Madame ; laissez subsister lesbarrières qui séparent la bonne compagnie des ven-deurs d’orviétan 8c de leurs gilles. Souffrez que Popeimite les véritables génies italiens , les • Ariosìes , lesTasses qui se sont soumis à la gêne de la rime pourla vaincre.
Enfin quand Boileau a prononcé :
Et que tout ce qu’íl dit, facile à retenir,
De son ouvrage en vous laisse un long souvenir.
n’a-t-il pas entendu que la rime imprimait plus aisé-ment les pensées dans la mémoire?
Je ne me flatte pas que mon discours Sc masensibilité passent dans le cœur deMadam eMonlagu,Sc que je fois destiné à convertir divisas orbe Britannos.Mais pourquoi faire une querelle nationale d’un objetde littérature? Les Anglais n’ont-ils pas assez dedissensions chez eux? & n’avons-nous pas assez detracasseries chez nous ? ou plutôt Tune Sc l’autrenation n’ont-elles pas eu assez de grands hommesdans tous les genres pour ne fe rien envier, pourne fe rien reprocher?