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Tome sixieme.
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d e M. de Voltaire. 2 65

Hélas ! Meilleurs , permettez-moi de vous répéterque j ai passé une pariie de ma vie à faire connaître enFrance les passages les plus frappans des auteurs quiont eu de la réputation chez les autres nations. Je fusle premier qui tirai un peu d’or de la fange où le géniede Shakespeare avait été plongé par ion siècle. J’ai rendujustice à sanglais Shakespeare , comme à l’efpagnolCaídèron; 8c je n’ai jamais écouté le préjugé national.Joie dire que c’est de ma feule patrie que j’ai apprisà regarder les autres peuples d’un œil impartial. Lesvéritables gens de lettres en France n’ont jamaisconnu cette rivalité hautaine 8c pédantefque , cetamour propre révoltant qui fe déguise fous 1 amourde son pays , 8c qui ne préfère les heureux géniesde ses anciens concitoyens à tout mérite étrangerque pour s’envelopper dans leur gloire.

Ouels éloges n’avons-nous pas prodigués auxBacons , aux Keppler, aux Copernic, fans même y mêlerd abord aucune émulation ! que n’avons-nous pasdit du grand Galilée , le restaurateur 8c la victime de laraison en Italie, ce premier maître de la philosophie,qu eDescarles eut le malheur de ne citer jamais !

Nous sommes tous* à présent les disciples deNewton : nous le remercions d’avoir seul trouvé 8cprouvé le vrai système du monde ; d’avoir seul ensei-gné au genre humain à voir la lumière ; 8c nous luipardonnons d’avoir commenté les visions de Daniel& B Apocalypse.

Nous admirons dans Locke la feule métaphysiquestui ait paru dans le monde depuis que Platon lachercha ; 8c nous n’avons rien à pardonner à Locke.