Paix d’U t r e c h t. 6z
Chaque progrès du maréchal de Villars hâtait lapaix d’Utrecht. Le ministère de la reine Anne, res-ponsable à sa patrie 8 c à l’Europe , ne négligea niles intérêts de l’Angleterre, ni ceux des alliés, nila fureté publique. 11 exigea d’abord que Philippe V,affermi en Espagne , renonçât à ses droits fur lacouronne de France , qu’il avait toujours conservés ;8 c que le duc de Berri son frère, héritier présomptifde la France , après l’unique arrière-petit-fils quirestait à Louis XIV, renonçât austì à la couronned’Espagne en cas qu’il devînt roi de France. Onvoulut que le duc d’Orléans fît la même renon-ciation. On venait d’éprouver, par douze ans deguerre, combien de tels actes lient peu les hommes.II n’y a point encore de loi reconnue, qui obligeles descendans à se priver du droit de régner ,auquel auront renoncé les pères. ( 7 )
Ces renonciations ne font efficaces que lorsquel’intérêt commun continue de s’accorder avec elles.Mais enfin elles calmaient pour le moment présentune tempête de douze années : 8 c il était probablequ’un jour plus d’une nation réunie soutiendraitces renonciations, devenues la base de l’équilibre8 c de la tranquillité de f Europe.
On donnait par ce traité au duc de Savoie l’îlede Sicile, avec le titre de roi; 8 c dans le conti-nent, Fenestrelle, Exilles 8 c la vallée de Pragelas.
nouvelle du combat de Dénain on regardait généralement à la cour cetteaH'aire comme un léger avantage auquel la vanité du maréchal de Villarsvoulait donner de l’importance.
( 7 ) Ces renonciations ne peuvent devenir obligatoires que par la sauc-tion des i'euls vrais intéresses , les peuples»