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Tome vingt-unieme.
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Bienfaits. 113

d’or sur le frontispice , j£des à Deo data : allusionau surnom de Dieu-donnè , dont la voix publiqueavait nommé ce prince à sa naissance.

On se figure aisément l’effet qu’eut dans TEuropecette magnificence extraordinaire ; & si l’on considèretout ce que le roi fit bientôt après de mémorable,les esprits les plus sévères , 8c les plus difficilesdoivent souffrir les éloges immodérés qu’on luiprodigua. Les Français ne furent pas les seuls quile louèrent. On prononça douze panégyriques deLouis XIV en diverses villes d’italie; hommage quin’était rendu ni par la crainte ni par l’espérance, &que le marquis ^ampieri envoya au roi.

II continua toujours à répandre ses bienfaits furles lettres 8c fur les arts. Des gratifications parti-culières d’environ quatre mille louis à Racine , lafortune de Dejprêaux , celle de Quinault , surtout cellede Lulli, & de tous les artistes qui lui consacrèrentleurs travaux, en font des preuves. II donna mèmemille louis hBenferade, pour faire graver les tailles-douces de ses métamorphoses d'Ovide en rondeaux :libéralité mal appliquée, qui prouve feulement lagénérosité du souverain. II récompensait dansBenjerade le petit mérite qu’il avait eu dans sesballets.

Plusieurs écrivains ont attribué uniquement àColbcrt cette protection donnée aux arts, & cettemagnificence de Louis XIV : mais il n’eut d’autremérite en cela que de seconder la magnanimité 8cle goût de son maître. Ce ministre qui avait untrès-grand génie pour les finances , le commerce, lanavigation, la police générale, n’avait pas dans

Siècle de Louis XIV. Tom. II, H