Chambre ardente. 129
plaisirs qui adoucissaient les mœurs, ainsi qu’il seglissa dans l’ancienne Rome aux plus beaux joursde la république.
Deux italiens , dont l’un s’appelait Exili , tra-vaillèrent long-temps avec un apothicaire allemand ,nommé Glajer , à chercher ce qu’on appcll e. la pierrephilofcphale. Les deux italiens y perdirent le peu qu’ilsavaient 8c voulurent par le crime réparer le tort deleur folie. 11s vendirent secrètement des poisons. Laconfession , le plus grand frein de la méchancetéhumaine , mais dont on abuse en croyant pouvoirfaire des crimes qu’on croit expier ; la confession ,dis-je, fit connaître au grand-pénitencier de Parisque quelques personnes étaient mortes empoisonnées.II en donna avis au gouvernement. Les deux italienssoupçonnés furent mis à la bastille ; l’un des deux ymourut. Exili y resta fans être convaincu ; 8c dufond de fa prison, il répandit dans Paris ces funestessecrets, qui coûtèrent la vie au lieutenant-civil dûs«ém8c à fa famille , 8c qui firent enfin ériger la chambredes poisons, qu’on nomme la chambre ardente.
L'amour fut la première source de ces horriblesaventures. Le marquis de Brinvilliers , gendre dulieutenant-civil à'Aitbrai, logea chez lui Sainte-Croix (ss)capitaine de son régiment , d’une trop belle figure.Sa femme lui en fit craindre les conséquences. Lemari s’obstina à faire demeurer cejeune homme avecfa femme, jeune, belle 8c sensible. Ce qui devaitarriver arriva : ils s’aimèrent. Le lieutenant-civil ,
( ss ) L’histoire de Louis XIV fous le nom de la Martiniére le nommelabbè de la Croix . Celte histoire , fautive cu tout, confond les noms, lesdates 8: les èvénemens.
Siècle de Louis XIV. Tome II.
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