14 S Son avancement.
elle , passa de l’aversion à la confiance Sc de laconfiance àl’amour. Les lettres que nous avons d’ellefont un monument bien plus précieux qu’on nepense : elles découvrent ce mélange de religion Sc degalanterie, de dignité 8c de faiblesse, qui fe trouve sisouvent dans le cœur humain, & qui était dans celuid t Louis XIV. Celui de M me de Maintenon paraît àla fois plein d une ambition 8c d une dévotion quine fe combattent jamais. Son confesseur Gobelinapprouve également l une Sc l’autre; il est directeurSc courtisan ; fa pénitente , devenue ingrate enversM me de Montefpan , fe dissimule toujours son tort. Leconfesseur nourrit cette illusion ; elle fait venir debonne foi la religion au secours de ses charmes usés,pour supplanter sa bienfaitrice devenue sa rivale.
Ce commerce étrange de tendresse Sc de scrupulede la part du roi, d’ambition Sc de dévotion dela part de la nouvelle maîtresse , paraît durerdepuis r 681 jufqu’à ì 686 qui fut l’époque de leurmariage.
Son élévation ne fut pour elle qu’une retraite.Renfermée dans son appartement qui était de plain-pied à celui du roi, elle fe bornait à une société dedeux ou trois dames retirées comme elle; encore lesvoyait-elle rarement. Le roi venait tous les jourschez elle après son dîner, avant Sc après le souper,Sc y demeurait jufqu’à minuit. II y travaillait avecses ministres , pendant que M me de Mainitnon s’occu-pait à la lecture, ou à quelque ouvrage des mains ;ne s’empressant jamais de parler d’affaires d’Etat,paraissant souvent les ignorer; rejetant bien lointout ce qui avait la plus légère apparence cfintrigue