15° SA MODERATION.
d’elle. Je lui ai souvent entendu dire qu’elle avaitreproché à sa cousine le peu qu’elle fesait pour safamille; 8c qu’elle lui avait dit en colère : ,» Vousìì voulez jouir de votre modération, 8c que votrej» famille en soit la victime. ,, M mc de Maintcnonoubliait tout, quand elle craignait de choquer lessentimens de Louis XIV. Elle n’osa pas même sou-tenir le cardinal de JVoailles contre le père le Tellier.
L'illustie £p e avait beaucoup d’amitiépour Racine; mais cette
Racine assez ... 1 1
faible pour amitié ne tut pas allez courageule pour le protégermourir de contr ’ un léger ressentiment du roi. Un iour ,cequ’ílaun touchée de l’éloquence avec laquelle il lui avait parléde la misère du peuple en 1698, misère toujoursexagérée , mais qui fut portée réellement depuisjusqu’à une extrémité déplorable, elle engagea sonami à faire un mémoire, qui montrât le mal 8c leremède. Le roi le lut ; 8c en ayant témoigné duchagrin, elle eut la faiblesse d’en nommer sauteur,8c celle de ne le pas défendre. Racine , plus faibleencore , fut pénétré d une douleur qui le mit depuisau tombeau, (d)
Du même fonds de caractère dont elle était inca-pable de rendre service, elle fêtait aussi de nuire.L'abbé de Choisi rapporte que le ministre Louvoiss’était jeté aux pieds de Louis XIV pour l’empêcherd’épouser la veuve Scarron. Si sabbé de Chois savaitce sait, M me de Maintenon en était instruite ; 8c non-seulement elle pardonna à ce ministre , mais elleappaisa le roi dans les mouvemens de colère que
(d ) Cc fait a été rapporté par ic fils dc Filluflre Racine dans la vie deson père.