158 Mort de la famille
Aucun de ceux. qui ont trop censuré Louis XIVne peut disconvenir qu’il ne fût, jusqu’à la journéedHochstet, le seul puissant, le seul magnifique, leseul grand presque en tout genre. Car quoiqu’il yeût des héros , comme Jean Sobieski 8c des rois deSuède, qui effaçassent en lui le guerrier, personnen’eftaça le monarque. II faut avouer encore qu’ilsoutint ses malheurs 8c qu’il les répara. II a eu desdéfauts ; il a fait de grandes fautes : mais ceux quile condamnent l’auraient-ils égalé s’ils avaient étéà fa place ?
La duchesse de Bourgogne croissait en grâces 8cen mérite. Les éloges qu'on donnait à fa sœur enEspagne lui inspirèrent une émulation qui redoublaen elle le talent de plaire. Ce n’était pas une beautéparfaite ; mais elle avait le regard tel que son fils ; ungrand air, une taille noble. Ces avantages étaientembellis par son esprit , 8c plus encore par l’cnvicextrême de mériter les suffrages de tout le monde.Elle était, comme Henriette d,'Angleterre , l’idole 8c lemodèle de la cour, avec un plus haut rang : elletouchait au trône : la France attendait du duc deBourgogne un gouvernement, tel que les sages del’antiquité en imaginèrent, mais dont l’austéritéserait tempérée par les grâces de cette princesse , plusfaites encore pour être senties que la philosophie de
la princesse de Conti , madame la Du.cheJJe , démentaient bien ce que lemarquis de la Fare avance. Cet homme, qui dans le commerce était de laplus grande indulgence, n'a presque écrit qu'unc satire. Il était mécontentdu gouvernement : il paflait sa vie dans une société qui se fesait unmérité de condamner la cour; 8c cette société fit d'un homme tres-aimabie un historien quelquefois injuste.