Mort de Louis XIV. 165
que vous donne votre naissance. ( l ) C’est qu’il ne croyaitpas qu’il y eût de loi fondamentale qui donnât dansune minorité un pouvoir fans bornes à l'héritierprésomptif du royaume. Cette autorité suprême ,dont on peut abuser , est dangereuse ; mais l’autoritépartagée Test encore davantage. II crut qu’avant étéfi bien obéi pendant fa vie,il le serait après fa mort,
& ne fe souvenait pas qu’on avait cassé le testamentde son père. ( 15 )
D’aiileurs personne n’ignore avec quelle grandeurd’ame il vit approcher la mort, disant à madame de II meurtMainlenon : J'avais cru qu il était plus difficile de mourir ; oH-8c à ses domestiques: Pourquoi pleurez-vousì ni avez- tion -vous cru immortel? donnant tranquillement ses ordres 1fur beaucoup de choses , 8c même fur fa pompe funè-bre. Quiconque a beaucoup de témoins de fa mortmeurt toujours avec courage. Louis XIII, dans fadernière maladie, avait mis en musique le De profundis,qu’on devait chanter pour lui. Le courage d espritavec lequel Louis XIV vit sa fin fut dépouillé decette ostentation répandue sur toute sa vie. Ce couragealla jusqu’à avouer ses fautes. Son successeur a tou-jours conservé écrites au chevet de son lit les parolesremarquables que ce monarque lui dit, en le tenant
( l ) Les mémoires de madame de Maintenon , tom. V, pag. 194., disentque Louis XIV voulut faire le duc du Maine lieutenant-génèral du royaume.
II faut avoir des garans authentiques pour avancer une chose aussi extraor-dinaire &: austì importante. Le duc du Maine eût été au-dessus du duc d’Or-léans : c’eût été tout bouleverser : aussi le faitest-il faux.
(15) Le maréchal de Berxvick dit dans ses mémoires qu’il tient de îareine d Angleterre , que cette princesse ayant félicité Louis XIV fur lafagelïè de son testament : On a voulu absolument que je lefisse , répondit-il,mais dès que je ferai mort , il n'en fera ni plus ni moins .
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