322 Conversions.
revenus du tiers des économats , pour ctredistribués àceux qui voudraient se convertir. Le cardinal le Camus,évêque de Grenoble , s’était déjà servi de cetteméthode. Pélijfon , chargé de ce département, envoyaitl’argent dans les provinces. On tâchait d’opérer beau-coup de conversions pour peu d'argent. De petitessommes , distribuées à des indigens , enflaient la listeque Pélijfon présentait au roi tous les trois mois, enlui persuadant que tout cédait dans le monde à fapuissance ou à ses bienfaits.
Le conseil, encouragé par ces petits succès que letemps eût rendus plus considérables, s’enhardit enMs cn- f 681 à donner une déclaration , par laquelle lesfans convçr- en f ans étaient reçus à renoncer à leur religion à lugede sept ans ; Se à l’appui de cette déclaration , onprit dans les provinces beaucoup d’enfans pour lesfaire abjurer , & on logea des gens de guerre chezles parens.
Mesures du Ce fut cette précipitation du chancelier leTclliergouverne- £. ^ i X)tiv0 { s f on fi [s qui fit d'abord déserter en
1681 beaucoup de familles du Poitou, de la Saintonge& des provinces voisines. Les étrangers se hâtèrentdest profiter.
Les rois d'Angleterre 8c de Danemarck , 8c surtoutla ville d’Amsterdam , invitèrent les calvinistes deFrance à se réfugier dans leurs Etats, 8c leur assurèrentune subsistance. Amsterdam s’cngagea même à bâtirmille maisons pour les fugitifs.
Le conseil vit les suites dangereuses de l’usage tropprompt de l’autorité , 8c crut y remédier par sautoritémême. On sentait combien étaient nécessaires les arti-sans dans un pays où le commerce florissait, 8c les gens