332 Prophéties.
pseaumes, malgré la peine de mort décernée contreceux qui tiendraient des assemblées. II y avait aussipeine de mort contre les ministres qui rentreraient dansle royaume , & cinq mille cinq cents livres de récom-pense pour qui les dénoncerait. H en revint plusieursqu’on fit périr par la corde ou par la roue. ( 43 )
( 43 ) Toutes ces violences, qui déshonorent le règne de Louis XIV ysurent exercées dans le temps on, dégoûté de M me de Montejpan , subjuguépar M mc de Maintenon , il commençait à se livrer à ses confesseurs. Ceslois, qui violaient également 8c les premiers droits des hommes 8c tous lessentimens de l’humanité, étaient demandées par le clergé, 8c présentéespar les jésuites à leur pénitent , comme le moyen de réparer les péchésqu’il avait commis avec ses maîtresses. On lui proposait pour modèleConjlantin , TAéodofe 8c quelques autres scélérats du bas Empire. Jamaisses ministres, esclaves des prêtres 8c tyrans de la nation, n’osèrent luifaire connaître ni l’inutilité, ni les fuites cruelles de ses lois.
La nation aidait elle-même à le tromper : au milieu des cris de ses sujetsinnocens, expirans fur la roue 8c dans les bûchers, on vantait fa justice8c même fa clémence. Dans les lettres, dans les mémoires du temps,on parle souvent du sanguinaire b avilie comme d’un grand-horame.Tel est le malheureux sort d’un prince qui accorde sa confiance à desprêtres , 8: qui, trompé par eux, laisse gémir fa nation fous le joug dela superstition. Louis aimait la gloire , 8c il marchandait honteusementla conscience de ses sujets : il voulait faire régner les lois, 8c il envoyaitdes soldats vivre à discrétion chez ceux qui ne pensaient point commeson confesseur. II était flatté qu’on lui trouvât de la grandeur dansl’esprit, 8c il signait chaque mois des édits pour régler dc quelle reli-gion devaient être les marmitons, les maîtres en fait d’armes, 8c lesécuyers de ses Etats ; il aimait la décence, 8c les soldats , envoyéspar ses ordres , donnaient le fouet aux filles protestantes pour lesconvertir.
Ou’il nous soit permis de faire ici quelques réflexions fur les causesde nos derniers troubles de religion.
L’esprit des réformés n’a été républicain que dans les pays où lessouverains se sont montrés leurs ennemis. Le clergé protestant de Dane-marck. a été un des principaux agens de la révolution qui a établi'autorité absolue. En France, sous Louis XIII , les ministres protestanses plus éclairés écrivirent pour exhorter les peuples à obéir aux lois duprince ; n’exceptant que les cas où les lois ordonnent positivement uneaction contraire à la loi de Dieu. Mais on se plaisait à les contraindreà cc qu’ils regardaient comme des actes d’idolâtrie. On les forçait, par une