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cercle de la Basse-Saxe , et de garant de la neutralité du Nordde l’Allemagne , et au piince co directeur du cercle.
Il ne nous appartient pas, citoyens consuls, d’analiser les motifsqui out empêché le Roi de ue pas la décider. Vous savez quemalgré nos instantes sollicitations, le Roi la laissa toujoursindécise.
L’Empereur de Russie , enfin, s’en mêla; il ne s’en tint pasà de vaines menaces. Pendant plusieurs mois qu'a duré notrerésistance inutile, il nous fallut supporter le poids des plus sévèreshostilités, de la part de la Russie ; ses escadres, dominant dansla mer du Nord et devant l’embouchure de l’Elbe , nous enle-voient nos vaisseaux. Des avis, aussi alarmans que dignes defoi, nous faisoient même craindre, sinon une occupation effectivede la part des troupes Russes , au moins leur débarquement cer-tain dans nos environs, et leur apparition devant nos portescomme ennemis. Cependant, au milieu de ces inquiétudes, quidévoient nous faire regarder notre résistance comme absolumentgratuite, et appréhender qu’en même nous exposant, nous neréussirions pas à sauver les prisonniers, et à pouvoir satisfaire leGouvernement François en ce, point, rien ne fût oublié pourobtenir au moins de pouvoir garder les prisonniers jusqu a lapaix. Nous implorâmes les interventions de presque toutes lesPuissances, mais tous les efforts étoient vains.
Le Roi de Prusse déclara enfin ne pas vouloir prononcer danscette affaire. Ce refus inattendu d'un si grand et puissant Gou-vernement, après un si long et profond silence, et à cette époque,étoit bien fait pour augmenter et justifier 110s allarmes et ouvrirnos yeux sur les dangers d’une plus longue résistance.
L'Empereur, chef de l'empire, se joignit en même temps auxdemandes de ses alliés, et ne nous demanda pas que uotre ré-sistance devoit finir, à moins que nous ne voulussions nous y voirforcés au nom des lois constitutionelles de l’empire.
Malgré toutes ces insinuations comminatoires, nous nous per-mîmes cependant une dernière tentative, en nous offrant de sol-liciter auprès du Gouvernement de la République, pour queces prisonniers fussent échangés contre quelques autres prison-niers de marque, faits sur les Puissances coalisées. Mais cettetentative n'eût pas plus de suite que tout ce que nous avions faitjusqii’à présent.
Nous ne nous en sommes pourtant pas laissé rébuter, et venonsde renouveler, ces jours-ci, nos plus instantes sollicitations auprèsdu Gouvernement Britannique pour adoucir le sort de cesprisonniers.
Voilà les faits véritables de ces malheureux événemens. Sivous les considérez sans prévention, citoyens consuls, et réflé-chissez équitablement sur les ménagemens que nous impose notresituation délicate et fortement exposée, vous vous convaincrezaisément qu’il etoit d’une impossibilité absolue de persister,après’ un an d’efforte inutiles, dans une plus longue résistance.