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République Françoise.—Souveraineté du Peuple.—Liberté.—Egalité.
Bonaparte, Premier Consul de la République, à Sa Majesté leRoi delà Grande-Bretagne et d’Irlande . Paris , le 5 Nivôse, an8 de la république.
Appelé, par le vœu de la nation Française , à occuper la pre-mière magistrature de la République , je crois convenable en en-trant en charge, d’en faire directement part à Votre Majesté.
La guerre qui. depuis huit ans, ravage les quatre parties dumonde, doit-elle être éternelle ? N’est-il donc aucun moyen des’entendre ?
Comment les deux nations les plus éclairées de l’Europe , puis-santes et fortes plus que ne l’exigent leur sûreté et leur indépen-dance, peuvent-elles sacrifier à des idées de vaine grandeur le biendu commerce, la prospérité iutérieure, le bonheur des familles?Comment ne sentent-elles pas que la paix est le premier des be-soins, comme la première des gloires?
Ces sentiraens ne peuvent pas être étrangers au coeur de VotreMajesté qui gouverne une nation libre, et dans le seul but de larendre heureuse.
Votre Majesté ne verra dans cette ouverture que nron désirsincere de contribuer efficacement, pour la seconde fois, à la pa-cification générale, par une démarche prompte, toute de con-fiance, et dégagée de ces formes, qui, nécessaires peut-être pourdéguiser la dépendance des états faibles, ne décelent dans lesétats forts que le désir mutuel de se tromper.
La France , l’Angleterre, par l’abus de leurs forces, peuventlong-temps encore, pour le malheur de tous les peuples, en retar-der l’épuisement ; mais j’ose le dire, le sort de toutes les nationscivilisées est attaché à la fin d’une guerre qui embrâse le mondeentier.
De' votre Majesté, Bonaparte .
Réponse du Lord Grenville , au Ministre des Relations Exté-rieures, à Paris .
Londres , Downing-Street , 4 Janvier, 1SOO.
Monsieur,
J’aireçu et remis sous les yeux de S. M. les deux lettres quevous m’avez adressées. Sa Majesté ne voyant point de raisonpour se départir desformes depuis long-temps établies en Europe ,au sujet des affaires qui se transigent entre les Etats, m’a ordonnéde vous rendre, en son nom, la réponse officielle, qui se trouveincluse dans cette Note.
J’ai l’honneur d’être ; avec une haute considération, Monsieur,votre très-humble et trè-obéissant serviteur,
Grenville.