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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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senties, sans oser les réparer ; il en est d'autres qui n’ont pasmême été senties.

Aujourd’hui, que la force de la république s’applique toute en-tière à la conservation du bien, à la réparation du mal, démontrépar l’expérience ; aujourd’hui, que la modération et la sagessesont devenus les conditions les plus nécessaires de notre existencepolitique, la générosité doit être considérée comme une partieessentielle de la justice, quand elle est compatible avec l’intérêtde la patrie.

Sur la liste où sont inscrits les noms des plus irréconciliables en-nemis de la république, il est des noms que les amis les plus vraiset les plus constans de la liberté s’étonnent et s’affligent d’y lire.

C’est bien moins la haine que l’erreur qu’on peut accuser d’a-voir tracé ces noms sur une liste qui n’eût jamais dû les porter ;mais si les défenseurs d’une république naissante pussent être en-traînés par un zeie ombrageux à s’exagérer le nombre de leurs en-nemis, s’ils purent quelquefois devenir injustes par faiblesse,le gouvernement de la république consolidé n’a point à craindre cetégarement.

Doivent-ils être considérés comme émigrés, et leurs noms doi-vent-ils rester sur la liste, ceux qui partout, et dans toute ladurée de leur exil, ont honoré par leur conduite, une patrie quiles avait abjurés et qui se sont montrés dignes du titre de Français dans les lieux et aux époques où ce titre provoquait toutes leshaines et tous les périls ?

Ceux qui ont constamment mérité l’estime due à quiconque unefois dévoué à une cause honorable, lui garde ses vœux et ses fa-cultés, malgré les malheurs dont elle a été pour lui la source ou leprétexte ?

Ceux qui, dans toutes les contrées où ils ont porté le regret d’a-voir perdu leur patrie, ont trouvé, dans les émigrés volontaires,ces ennemis violens, des persécuteurs acharnés ?

Ceux, enfin, qui ont expié dans les cachots étrangers le sortd’avoir concouru, dans leur pays, à la conquête de la liberté ?

Vous ne penserez pas, citoyens consuls, que des hommes de cecaractère puissent être justement confondus avec des êtres avilis,qui n’auraient pas même droit à la pitié, si la pitié était insépa-rable de l’estime.

Sans doute, les hommes dont je veux vous parler, et que jeviens de désigner, ne sont qu’en très-petit nombre ; mais leur pe-tit nombre même ajoute à leurs droits et confirme leurs titres à vo-tre générosité.

Je me suis persuadé qu’il importait autant à la gloire qu’à lajustice du gouvernement, que nul Français , digne encore de cenom, n’ait besoin de mendier un asile dans une terre étrangère ;et que les émigrés ne puissent pas s’associer à ceux que les défen-seurs de la liberté Française comptèrent dans leurs rangs, lors deleurs premiers combats contre le despotisme.

Objecterait-on que les hommes, dont il s’agit, eurent des torts ;