44
et que vous avez très-bien appréciée. Le citoyen Vacüez m’a faitpasser en conséquence les renseignemens positifs, dont je joins icicopie. Vous y verrez qu’au lieu de 400 hommes morts de faimdans les prisons de Portchester, en très-peu de temps, on en compteréellement sur 11,000 prisonniers, que trente-quatre morts dansl’espace de trois mois. J'écris au citoyen Masseau, auteur de cettedénonciation, pour l’inviter à être plus exact dans les renseigue-mens qu’il jugera à-propos d’envoyer en France . Au reste, ilm’est impossible, citoyen ministre, d'empêcher que des hommesirrités par une longue et pénible captivité, se livrent quelquefoisà des déclamations déplacées, et il me paraît dans les conve-nances de laisser un cours libre aux plaintes qu’ils pourront fairepasser en France , d’autant que ces plaintes me seront souventpersonnelles, et qu’il est juste que des citoyens Français placés àune si grande distance de leur gouvernement, puissent lui soumet-tre sans gêne leurs réclamations contre les administrateurs.
Salut et respect,
(Signé) Otto.
Pour copie conforme,
Le ministre de la marine et des colonies Forfait.
Copie de la Lettre écrite par le Citoyen Vachez, en Date de Lon-dres , le 30 Pluviôse, an 8, au Citoyen Otto, Commissaire duGouvernement Français en Angleterre.
Citoyen,
A l’appui des renseignemens que je vous ai déjà donnés, en ré-ponse à l’horrible calomnie du citoyen Masseau, prisonnier à Port-chester, qui a écrit en France , en date du 17 Frimaire dernier, quedans son dépôt 400 hommes étaient récemment morts de faim,10 s’étaient pendus, et 10 s’étaient poignardés, j’ai l’honneur devous remettre, inclus, les certificats des chirurgiens de la premièredivision, d’après lesquels vous verrez que, pendant les trois moisde Vendémiaire, Brumaire et Frimaire, an 8, il n’est mort que 34hommes, sur environ 11,000 hommes. Vous observerez, par ladate des décès de ces 34 hommes qu’il y en a 8 qui sont morts pos-térieurement à la date de la lettre du citoyen Masseau.
Je vous prie, citoyeu commissaire, de vouloir bien transmettreces pièces au ministre de la marine et appuyer ma justification dela connaissance que vous avez vous-même de la fausseté de la dé-nonciation, afin qu’il ne reste à ce ministre aucun impression dé-favorable contre ma gestion.
Salut et re.->pect,
(Signé) Vachez.
Pour copie conforme,
Le commissaire de la république Française en Angleterre,(Signé) Otto.
pour copie conforme,
Le ministre de la marine et des colonies, Forfait,