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(Moniteur, No. 168.)
Extrait du Registre des*Délïbérations des Consuls de la Répu-blique, le 17 Ventôse, l’an S de la République , une et indivisible.
proclamation.
Les consuls de la république aux Français .
Vous desirez la paix, votre gouvernement la désire avec plusd’ardeur encore. Ses premiers vœux, ses démarches constantesont été pour elle. Le ministère Anglais la repousse ; le ministèreAnglais a trahi le secret de son horrible politique. Déchirer laFrance , détruire sa marine et ses ports, l’effacer du tableau riel’Europe , où l’abaisser au rang des puissances secondaires, tenirtoutes les nations du Contiuent divisées, pour s’emparer du com-merce de toutes et s’enrichir de leurs dépouilles ; c’est pour obte-nir ces affreux succès que l’Angleterre répand l’or, prodigue lespromesses et multiplie les intrigues.
Mais ni l’or, ni les promesses, ni les intrigues de l’Angleterre,n’enchaîneront à ses vues les puissances du Continent. Elles ontentendu le vœu de la France ; elles connaissent la modération desprincipes qui la dirigent; elles écouteront la voix de l’humanitéet la voix puissante de leur intérêt.
S’il en était autrement, le gouvernement, qui n’a pas craint d’of-frir et de soliciter la paix, se souviendra que c’est à vous de la com-mander. Pour la commander, il faut de l’argent, du fer et de3soldats.
Que tous s’empressent de payer le tribut qu’ils doivent à la dé-fense commune ; que les jeunes citoyens marchent. Ce n’est pluspour des factions ; ce n’est plus pour le choix des tyrans qu’ilsvont s’armer ; c’est pour la garantie de ce qu’ils ont de plus cher ;c’est pour l’honneur de la France ; c’est pour les intérêts sacrés del’humanité et de la liberté. Déjà les armées ont repris cette atti-tude, présage de la victoire ; à leur aspect, à l’aspect de la nationentière, réunie dans le mêmes intérêts et dans les mêmes vœux,n’en doutez point, Français , vous n’aurez plus d’ennemis sur leContinent. Que, si quelque puissance encore veut tenter le sortdes combats, le premier consul a promis la paix ; il ira la con-quérir à la tête de ces guerriers qu’il a plus d’une fois conduits àla victoire. Avec eux, il saura retrouver ces champs encore pleinsdu souvenir de leurs exploits ; mais au milieu des batailles, il in-voquera la paix, et il jure de ne combattre que pour le bonheur dela France et le repos du monde.
(Moniteur, No. IS9.)
ACTES DU GOUVERNEMENT.
Arretés du 6 Germinal, an 8.
Les consuls de la république, sur le rapport du ministre des re-lations extérieures, du ministre de la marine et des colonies, et dq