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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Ce qu’apprend l’histoire des siècles, l’expérience de quelquesannées vient de nous le confirmer. La vieillesse d’un corpspolitique ne peut se mouvoir sans un grand péril : cette pro-fonde vérité est écrite aujourd’hui parle malheur sur le chaumede nos cabanes, connue sur les voûtes de nos palais.

En parlant au premier peuple de la terre, ma voix provoquece^e réflexion conservatrice, parce qu’elle offre des idées digued’être émises, l’anniversaire du 14 Juillet 1 7''!)-

La première de ces idées est que les annales du monde ne re-tracent point de révolution plus louable dans son but, plus néces-saire aux hommes, plus auguste par la réunion rapide de tant devolontés, de tant de bras : aussi les philosophes qui ont illustré lafin de ce sieele ont-ils appelé, par leurs vœux, un changement desystème. L’injustice et l’oppression, l’ignorance et le fanatisme,le désordre et l’immoralité régnaient encore dans le pays le pluséclairé de l’Europe . C’était la médiocreté qui planait sur le génie,les ténèbres qui dominaient sur une région de lumières.

Un pareil état ne pouvait pas subsister davantage ; les traces dela décrépitude se mêlaient sur le front de la monarchie aux tracesd’une grandeur passée ; tous les vices et toutes les fautes la pres-saient à l’euvi, et l’inexorable main des siècles poussait le trônevers la déstructiou.

Alors les écrivains prophétisèrent la secousse politique qui de-vait ébranler l’Univers ; et ils éleverent la voix pour que cette se-cousse devenue inévitable, fût au moins utile à l’humanité.

La philosophie trouva toutes les âmes préparées par l’exces desmaux, à recevoir son inspiration derniere : son souffle agissait aveclenteur depuis plusieurs années, et l’on avait déjà vu, par son in-fluence, des citoyens arrivés au ministère, lutter contre les courti-sans, et tour à tour emporter ou ceder le triomphe.

Inutiles efforts de cet esprit réparateur qui brille quelques fois auxyeux des monarques, et leur désigne le dernier moyen d’éviter unbouleversement que les monarques aveuglés croyaient impossible !Inutiles efforts ! la révolution qui devait marquer la fin du siècle,approchait tous les jours.

Déjà les idées hardies, d’abord renfermées dans quelques tètes,saissiseut toutes les tètes : les opprimés songent à leur force etcomptent les oppresseurs.

Soudain le feu sacré jaillit et parcourt toutes les veines du corpspolitique, des millions de brasse le vent, le mot de liberté résonnede toutes parts.La Bastille est conquise.

Je ne retracerai point tous les détails de ce jour à jamais mé-morable, qui fit germer dans tous les cœurs le même enthousiasme,de ce jour où les habitons les plus éloignés vinrent célébrer, aumilieu de la plaine voisine, la même solennité qui nous réunit dansle temple de la valeur. Cette grande époque de la confédérationnationale rassemble, pour la onzième fois, le peuple Français sousles auspices de la liberté victorieuse.

Les plus nobles pensées, les sentimens les plus élevés, les vœux