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les plus unanimes consacrèrent la fondation de cette fêté et doiventaccompagner son retour. Nulle image funebre ne se mêle a sonpremier souvenir, car elle fut instituée au milieu de la joie, de laconcorde et de l’e?pérance universelle.
Alors les enfans de cette grande famille placés entre les deuxmers, le Khin, les Alpes et les Pyrénées , se trouvèrent en présence,pour la première fois : alors devant le monde et le ci.el ils jurèrenttous ensemble de vivre et de mourir libres: ils ne jurèrent pointen vain, et les trois parties de la terre aujourd'hui couvertes deleur sang et de leur trophées, savent comme ils tiennent leurs pro-messes.
A l’heure ou ce serment fut prononcé, un petit nombre d'hommesaveugles voulut résister ; mais le tenis prescrit était venu oit l’agri-culture et l'industrie devaient voir tomber les fers dont ellesétaient chargées et où les cent tètes de l’hydre féodal devaient êtreabattues • • • • Le peuple tout entier se précipita vers ses défenseurset fit pencher de tout son poids la balance ou se pesaient ses des-tinées.Arrêtons nos regards sur cet accord sublime ; les
mouvemens causés par les factions ou par les petits intérêtsde ceux qui se disputent le pouvoir, ont-ils ce caractère solennelet sacré 1
Mais pourquoi faut il que l’esprit humain, en déployant toute saforce, rie sache pas toujours le retenir'?
La philosophie qui avait prévu la révolution voulut la diriger ;que peut le pilote contre tous les vents déchaînés à la fois ? Sou-vent les amis de la patrie posèrent une digue qu’ils croyaient in-surmontable, et que le torrent bientôt après entraînait dans soncours: découragés, les uns cédèrent à l’orage, d’autres expirèrentvictimes de sa fureur, et la liberté travestie, défigurée, devint tour-
à-tour le jouet et l’idole des factions assassines.-Alors les
jours de deuil, alors les années funestes, alors les guerres intes-tines .Ce tems appartient à l’histoire des fureurs hu-
maines : qu’il reste loin de nos souvenirs.
Si la révolution la plus nécessaire, la plus favorable aux hommesa tant vu d'évenémens déplorables, combien celte grande leçondoit nous pénétrer d’un sentiment conservateur ! elle nous a coûté
bien cher.Dans les siècles à venir qu’elle arrête le bras
de quiconque pourrait encore penser sans frémir à des révolutionsnouvelles. Ainsi, en observant la marche des événemeus quiséparent ce jour de celui dont nous célébrons l'anniversaire, noustrouvons à chaque pas des motifs pour nous défier des secoussespolitiques ; l’expérience de nos maux nous répété qu’on ne peutpas en prévoir le ternie, et cette observation nous ramène an sen-timent de la concorde dont nous célébrons aussi la fête : si le peu-ple le meilleur, le plus éclairé, fut entraîné par le tourbillon révo-lutionnaire, faut il s’étonner, que les hommes soient aussi faiblesque les peuples ? Au milieu de ces tourmens où tous les yeuxsont couverts de ténèbres, sur cette nier orageuse qu’agitent detoutes part des vents contraires, quelle main peut tenir le gouver-