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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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«ail avec fermeté ? ni le vaisseau, ni les passagers, ni les piloteseux-mêmes ne reconnaissent la route qu'ils doivent parcourir, ouse rapproche, on s’éloigne, on se heurte au sein des tempêtes et dela nuit : chacun s’arme et frappe au hazard ; on méconnaît quel-ques fois son allié le plus fidele pour marcher sous l’étendard deson ennemi ; on 11e s’apperçoit de ses méprises qu’au moment oules signaux salutaires se montrent à la clarté du jour, et tous alorss’étonnent d’être si éloignés du port qu’ils voulaient tous atteindre.—Dans ees époques de délire, les erreurs, les fautes, les fureursmême, n’appartiennent qu’à la démence du teins, démence dontles individus ne sont point coupables, et dont nulle révolution nefut, ne sera jamais exempte.

Aujourd’hui le régné des erreurs et des divisions est passé : quesa mémoire périsse, et que le sentiment philosophique et reli-gieux de la concorde, qui fait le bonheur des états comme lecharme de la vie privée, achevé de remplir tous les cœurs.

La guerre intestine restera donc toute eritiere dans l'oubli, maiselle vivra dans la postérité. Cette guerre étrangère de dix années,où le geriie et l’intrépidité ont brillé tout à la fois : ces quatorzearmées de la république combattant l’Europe , feront à jamaisl’honneur du grand peuple et l’admiration des peuples à venir.

L’impéritie bouleversait tout en dedans, le génie réparait toutau dehors.—La fureur était dans le forum, l’héroisme était dansles camps. — La proscription agitait son glaive impitoyable sur noscampagnes, et nos soldats alliant l'humanité au courage, secou-raient l’ennemi vaincu.—La liberté, par tout voilée dans nos villes,n’était plus qu’une Eumenide pour la nation gémissante ; mais lescris de victoire élevés sur toutes nos frontières, repoussaient au de-dans le gémissement des victimes, et nous dérobaient à la dérisiondu monde.—Les monumens qui décoraient nos cités étaient mu-tilés ou menacés de la destruction, et les chefs-d’œuvres de l’anti-quité étaient conquis pour l’ornement de l’état, nos temples se dé-coraient des drapeaux ennemis ; nos cabinets s’enrichissaient desslatues, des tableaux, des manuscrits les plus rares de la Grece etde Rome ; et au milieu des batailles se préparaient ainsi d’avanceles pompes et les plaisirs de la paix.—En un mot, la raison était

exilée ; mais la victoire était fidele - ..Honneur, gloire sans

bornes aux quatorze armées de la république.

Ne conservons de la révolution que la mémoire des grandeschoses : c’est à l’exces des maux que nous devons ces premiersélans ; c’est au désordre, inséparable de toutes les révolutions,que nous devons attribuer les crimes et les malheurs ; et ces crimes,ces malheurs ayant enfin rendu la nation à elle-même, c’est en-core à leur exces que nous devons notre retour à la philosophie,qui, depuis si long-tems, demandait l’ordre de choses quelle vientd’obtenir.

Ainsi, après des obstacles sans cesse renaissans, nous nous re-trouvons aujourd’hui au point que depuis dix années nous voulionsatteindre. Aujourd’hui la nation a repris les sentimens patrio-