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Ce Rivarol est bien connu depuis le commencement de i'îrévolution, pour avoir été constamment eu opposition avec legouvernement ; il est fin, délié, et par dessus tout très-in-triguant.
On le suit avec adresse; cet homme a une cotterie au PalaisEgalité; il s’y rend presque tous les jours; on saura ce qui s’ydit et ce qui s’y fait.
On a cru prudent de ne point encore le faire arrêter, parce-qu’il se méfie de la police et qu’il n’a aucuns papiers chez lui ;c’est en l’observant de près et en gardant le plus grand secret,qu’on parviendra à découvrir ceux qui le fréquentent et ceux qu’ilva voir.
La tranquillité de Paris est toujours inaltérable.
(Signé) (idem.)
Du 13 Vendémiare, an 2.
Des indices que les rapports journaliers des agens de surveil-lance rendaient, de plus en plus, dignes de foi, faisaient présumerau préfet de police que le pamphlet, ayant pour titre : le Turc et lemilitaire Français , était sorti de la plume d’un nommé Metge, l’undes chefs les plus connus parmi les exclusifs.
Cet individu, toujours actif, toujours entreprenant aux grandesépoques, se cachait avec le plus grand soin et était venu à boutd’échapper à toutes les recherches, eu sortant de Paris pendant lejour, n’y rentrant que la nuit close, et ne logeant pas deux fois desuite dans la même maison.
Enfin, à force de recherches, on a découvert le lieu où il se reti-rait pour travailler à ces pamphlets. C’était dans une petitechaumière à Montmartre . On a su que chaque soir emportantsoigneusement tous ses manuscrits, rodant dans les faubourgs, ilrentrait fort tard dans la ville, et allait coucher, tantôt dans un en-droit, tantôt dans un autre.
Il fut suivi, le 11 de ce mois, et à la sortie du passage Feydau,l’officier de paix et les inspecteurs chargés de. cette opération l’ar-rêtent. Metge se défendit avec beaucoup de violence, et portaplusieurs coups de stylet à l’officier de police, mais qui heureuse-ment ue lui firent que de légères blessures au poignet et à la main,li fut conduit de suite au corps de garde le plus voisin et à la pré-fecture’de police.
Aussitôt son arrivée, on le fouilla avec soin, et on lui trouvadifférons manuscrits, qui fureut cottés et paraphés en sa présence.
Le lendemain 12, dès la pointe du jour, il fut conduit dans larue Nicaise, où l’on avait découvert qu’il avait couché depuis deuxjours chez une femme publique ; on y trouva et l’on saisit ungrand porte-feuille plein de manuscrits, de notes, d’adresses,parmi lesquels le manuscrit original du dialogue du Turc et duMilitaire.