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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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" Après s’être occupée, dans ses séances, de cet objet le plus im-portant de tout, après avoir, dans diverses discussions, développétontes les idées qui s’associent à cette élection, elle est toujoursarrivée, par différentes voies, à une même conclusion.

« S’il ne se trouve pas ordinairement dans les états, beaucoupd'hommes capables de monter à la première place, il faut conve-nir que notre situation intérieure doit les rendre encore plus raresparmi nous.

“ Eu effet on conçoit aisément que, dans le temps très-courtqui s’est écoulé depuis que la République Cisalpine s’est forméede la réunion de différentes nations, ces nations n’ont pu se con-naître assez les unes les autres, pour que les hommes les plus dis-tingués qu’elles renferment, inspirent partout une égale qonfiance.Choisir dans leur sein ne serait pas sans danger, si l’on considéréque divisés, comme nous le sommes, de lois, d’usages et de mœurs,habitués à différentes opinions de toule espece, on ne peut guère sespérer de trouver chez nous l'homme qui saura se séparer dessystèmes particuliers, pour conduire la masse entière loin des an-tiques habitudes, et y faire naître cet esprit national qui est le fon-dement le plus solide des républiques,

“ L’histoire des révolutions passées de la République Cisalpine n’a pu faciliter les recherches de la commission. En effet, les hom-mes qui ont traversé ces révolutions, ou n’ont point rempli de fonc-tions publiques, et par conséquent, on ne peut pas présumerqu’il? soient assez versés dans l'art, toujours difficile, mais très-difficile surtout parmi nous, de gouverner la chose publique ; oubien ils ont tenu à cette époque les rênes du gouvernement ; tuaisagités par le tourbillon des opinions, contrariés dans leur marche-de mille maniérés, et poussés par des influences étrangères, ilsn’ont pu se faire une réputation qui, dans des temps moins mal-heureux, leur aurait obtenu la confiance publique.

“ Mais en supposant, que malgré de si nombreux obstacles, ilse fût rencontré un homme capable de soutenir un si grand far-deau, bien d’autres, et de bien plus grandes diflicultés se présen-tent bientôt, qui ne permettent pas de se reposer sur ce choix.

“ La République Cisalpine ne peut pas encore être totalementévacuée par les troupes Françaises. Bien des raisons politiques,et noire propre intérêt, dans le dénùment oit nous sommes encorede troupes nationales, ne le permettent pas en ce moment.

“ D’ailleurs, la République Cisalpine , quoique son existence soitassurée par les traités de Tolentino et de Lunéville , ne peut es-perer d’obtenir par elle-même, et dès ses premiers pas, des anciensgouvernemens de l’Europe , cette considération qui lui est. néces-saire pour la consolider entièrement au-dedans et au-dehors.

“ Il lui faut un appui qui la fasse reconnaître par plusieurs Puis-sances qui n’ont point encore eu de communication avec elle.Elle a donc besoin d’un homme qui, par l’ascendant de son nom etde son pouvoir, la place au rang qui convient à sa grandeur: ceJiom, ce pouvoir, on les chercheiait en vain parmi nous.

“ Eour assurer donc la dignité du gouvernement contre l'afflu-