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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Ecoutons la voix de tous les citoyens honnêtes qui, dans les as-semblées départementales, ont exprimé leur vœu sur ce qui sepasse depuis dix ans sous leurs yeux.

“ Il est tems, disent-ils” {Analyse des procès verbaux des conseilsgénéraux des départ emens.) “ que les théories se taisent devant les“ faits. Point d’instruction sans éducation, et point d'éducation“ sans morale et sans religion.

“ Les professeurs ont enseigné dans le désert : parce qu’on a“ proclamé imprudemment qu’il ne fallait jamais parler de rcli-“ gion dans les écoles.

“ Les enfans sont livrés à l’oisiveté la plus dangereuse, au vaga-“ bondage le plus alarmant.

“ Ils sont sans idée de la Divinité, sans notion du juste et de“ l’injuste. De là des mœurs farouches et barbares; de là un“ peuple féroce !

“ Si l’on compare ce qu’est l’instruction avec ce qu’elle devrait“ être, on ne peut s’empêcher de gémir sur le sort qui menace les“ générations présentes et futures.”

Ainsi toute la France appelle la religion au secours de la mo-rale et de la société.

Ce sont les idées religieuses qui ont contribué plus que touteautre chose à la civilisation des hommes : c’est moins par nosidées que par nos affections, que nous sommes sociables : or, n’est-ce pas avec les idées religieuses que les premiers législateursont cherché à modérer et régler les passions et les affections hu-maines ?

Comme ce ne sont guere des hommes corrompus ou deshommes médiocres qui ont bâti des villes et fondé des empires,on est bien fort quand on a pour soi la conduite et les plans desinstituteurs et des libérateurs des nations. En est-il un seul quiait dédaigné d’appeller la religion au secours de la politique?

Les lois de Minos, de Zaleucus, celle des Douze Tables , reposententièrement sur la crainte des dieux. Cicéron, dans son Traitédes Lois , pose la Providence comme la base de toute la législa-tion. Platon rappelle à la divinité dans toutes les pages de sesouvrages. Numa avait fait de Rome la ville sacrée, pour en fairela ville éternel’e.

Ce ne fut point la fraude, ce ne fut point la superstition, dit iragrand homme, qui fit établir la religion chez les Romains; cefut la nécessité où sont toutes les sociétés d’eu avoir une.

Le joug de la religion, continue-t-il, fut le seul dont le peupleRomain, dans sa fureur pour la liberté, n’osa s’affranchir; et cepeuple, qui se mettait si facilement en colere, avait besoin d êtrearrêté par une puissance invisible.

Le mal est que les hommes, en se civilisant, et en jouissant detous les biens et des avantages de toute espece qui naissent deleur perfectionnement, refusent de voir les véritables causes aux-quelles ils en sont redevables ; comme dans un grand arbre, lestaureaux nombreux et le riche feuillage dont il se couvre, cache