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tenir sur les doctrines religieuses, que, dans les communions quireconnaissent dans chaque individu le droit d’expliquer les écri-tures, on se lie en corps par des professions publiques qui nevarient point ou qui ne peuvent varier sans l’observation de cer-taines formes capables de rassurer les gouvernemens contre touteinnovation nuisible à la société.
Enfin, un des grands reproches que l’on fait au catholicisme,consiste à dire qu’il maudit tous ceux qui sont hors de son sein,et qu’il devient par là intolérant et insociable.
Nous n’avons point à parler en théologiens du principe des ca-tholiques, sur le sort de ceux qui sont hors de leur église. Montes-quieu n’a vu dans ce principe qu'un motif de plus d’être attaché àla religion qui l'établit et l’enseigne. Car, dit-il, quand une reli-gion nous donne l’idée d’un choix fait par la Divinité, et d'unedistinction de ceux qui la professent, avec ceux qui ne la professentpas, cela nous attache beaucoup à cette religion.
Nous ajouterons, avec le même auteur, que, pour juger si undogme est utile ou pernicieux dans l’ordre civil, il faut moins exa-miner ce dogme en lui-même que dans les conséquences que l’onest autorisé à en déduire, et qui déterminent l’usage et l’abus quel’on en a fait.
“ Les dogmes les plus vrais et les plus saints peuvent avoir de“ très-mauvaises conséquences, lorsqu’on ne les lie pas avec les*' principes de la société ; et au contraire, les dogmes les plu*
faux en peuvent avoir d’admirables, lorsqu’on sait qu’ils se-rap-“ portent aux mêmes principes.
“ La religion de Confucius nie l’immortalité de l’âme, et le secte" de Zenon ne la croyait pas. Qui le dirait ! Ces deux sectes ont“ tiré de leurs mauvais principes, des conséquences non pas justes,w mais admirables pour la société. La religion des Tao et des Foé" croit l’immortalité de l’âme ; mais de ce dogme si saint, ils ont" tiré des conséquences affreuses.
“ Presque par tout le monde et dans tous les tems l’opinion de“ l’immortalité de l’âme, mal prise, a engagé les femmes, le*“ esclaves, les sujets, les amis, à se tuer pour aller servir dan»“ l’autre monde l'objet de leur respect ou de leur amour.
“ Ce n’est point assez pour une religion d’établir un dogme, il“ faut encore qu’elle le dirige.”
C’est ce qu’a fait la religion catholique pour tous les dogmesqu’elle enseigne, en ne séparant pas ces dogmes de la morale pureet sage qui doit en régler l’influence et l’application.
Ainsi des prêtres fanatiques ont abusé et pourront abuser en-core du dogme*-catholique sur l’unité de l’église, pour maudireleurs semblables et pour se montrer durs et intolérans : niais cesprêtres sont alors coupables aux yeux de la religion même; et laphilosophie qui a su les empêcher d’être dangereux, a bien méritéde la religion, de l’humanité et de la patrie.
Les ministres du culte catholique ne pourraient prêcher l’into-lérance, sans offenser la raisoD, sans violer les principes de la