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charité universelle, sans être rebelles aux lois de la république,et sans mettre leur doctrine en opposition avec la conduite de laProvidence ; car si la Providence eût raisonné comme les fanatiques,elle eût, après avoir choisi son peuple, exterminé tous les autres.Elle souffre pourtant que la terre se peuple de nations qui ne pro-fessent pas tous le même culte, et dont quelques-unes sont mêmeencore plongées dans les ténèbres de l’idolâtrie. Ceux-Ia seraient-ils sages, qui annonceraient la prétention de vouloir être plus sagesque la Providence même !
La doctrine catholique, bien eutendue, n’offre donc rien quipuisse alarmer une saine philosophie ; et il faut convenir qu’a l’é-poque où la révolution a éclaté, le clergé, plus instruit, était aussidevenu plus tolérant. Cesserait-t-il de l’être, après tant d’événemeusqui l’ont forcé à reclamer pour lui-même, les égards, les ménage-mens, la tolérance, qu’on lui demandait autrefois pour les autres ?
Aucun motif raisonnable ne s’opposait donc à l’organisationd’un culte qui à été long-tems celui de l’état, qui est encore celuide la très-grande majorité du peuple Français , et pour lequel tantde motifs politiques sollicitaient cette protection de surveillance,sans laquelle il eût été impossible de mettre un terme aux troublesreligieux, et d’assurer le maintien d’une bonne police dans la ré-publique.
Mais comment organiser un culte déchiré par le plus cruel detous les schismes 1
On avait déjà fait un grand pas en reconnaissant la primatiespirituelle du pontife de Rome , et en consentant qu’il ne fût rienchangé dans les rapports que le dernier état de la discipline ecclé-siastique a établis entre ce pontife et les autres pasteurs.
Mais il fallait des moyens d’exécution.
Comment accorder ies différais titulaires qui étaient à la têtedu même diocese, de la même paroisse, et dont chacun croyaitêtre seul le pasteur légitime de cette paroisse ou de ce diocese ?
Les questions qui divisaient les titulaires n’étaient pas purementthéoiogiques ; elles touchaient à des choses qui intéressent lesdroits respectifs du sacerdoce et de l’empire ; elles étaient néesdes lois que la puissance civile avait promulgéessur les matières ec-clésiastiques. il n’était pas possible de terminer par les voies or-dinaires, des dissensions qui, relatives à des objets rnelées avecl'intérêt d’état, et avec les prérogatives de la souveraineté nationale,n’étaient passusceptibles d’être décidées par un jugement doctri-nal, et qui ne pouvaient conséquemment avoir que le triste résul-tat d'inquiéter la conscience du citoyen, ou de faire suspecter safidélité.
Une grande mesure devenait nécessaire. Il fallait arriver jus-qu’à la racine du mal, et obtenir simultanément les démissions detous les titulaires, quels qu’ils fussent. Ce prodige préparé parla confiance que la sagesse du gouvernement avait su inspirer, etpar l’ascendant que l’éclat de ses succès en tout genre lui assuraitsur les esprits et sur les cœurs, s’est opéré, avec l’étonnement et