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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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on déploya tons les moyens de persécution contre les protestaiD’abord on les chassa du territoire Français . Mais comme l’ojs’apperçut ensuite que l’emigration était trop considérable etquelle affaiblissait l’état, on défendit aux protestans de sortir”deFrance , sous peine des galeres. En les forçant à demeurer aumilieu de nous, on les déclara incapables d’occuper aucune place etd’exercer aucun emploi : le mariage même leur fut interdit: ainsiune partie nombreuse de la nation se trouva condamnée à ne plusservir Dieu ni la patrie. Est-il sage de précipiter par telles mesuresdes multitudes d’hommes dans le désespoir de l’athéisme religieuxet dans les dangers d’une sorte d’athéisme politique qui menaçaitl’état ! Esperait-on pouvoir compter sur des hommes que l’on ren-dait impies par nécessité, que l’on asservissait par la violence, etque l’on déclarait tout-à-la fois étrangers aux avantages de la citéet aux droits mêmes de la nature 1 N etait-il pas évident que ceshommes, justement aigris, seraient de puissans auxiliaires toutesles fois qu'il faudrait murmurer et se plaindre ? Ne les forçait-onpas à se montrer favorablement à toutes les doctrines, à toutes lesidées, à toutes les nouveautés qui pouvaient les venger du passéet leur donner quelque espérance pour l’avenir 1 Je m’étonne quenos écrivains, eu parlant de la révocation de l’édit de Nantes ,n’aient présenté cet événement que dans ses rapports avec le pré-judice qu’il porte à notre commerce, sans s’occuper des suites mo-rales que le même événement a eues pour la société, et dont lesrésultats sont incalculables.

Dans la révolution, l’esprit de liberté a ramené l’esprit de justice,et les protestans, rendus à leur patrie et à leur culte, sont rede-venus ce qu’ils avaient élé, ce qu’ils n’auraient jamais dû cesserd’être, nos concitoyens et nos freres. La protection de l’étal estleur garantie à tous égards comme aux catholiques.

Dans le protestantisme, il y a diverses communions. On asuivi les nuances qui les distinguent.

L’essentiel pour l’ordre public et pour les mœurs n’est pas quetous les hommes aient la même religion, mais que chaque hommesoit attaché à la sienne ; car lorsqu’on est assuré que les diversesreligions dont on autorise l’exercice, contiennent des préceptesutiles à la^société, il est bon que chacune de ces religions soit ob-servée avec zele.

J^a liberté de conscience n’est pas seulement un droit naturel;elle est encore un bien politique. On a remarqué que là où il existediverses religions également autorisées, chacun dans son culte setient davantage sur ses gardes, et craint de faire des actions quidéshonoreraient son église et l’exposeraient aux mépris et aux cen-sures du public. On a remarqué de plus, que ceux qui viventdans des religions rivules ou tolérées, sont ordinairement plus ja-loux de se rendre utiles à leur patrie, que ceux qui vivent dans lecalme et les honneurs d’une religion dominante. Enfin veut-onbien se convaincre de ce que je dis sur les avantages d’avoir plu-sieurs religions dans un état 1 Que l’on jette les yeux sur ce qui se