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varié selon les lieux et les teins, le recours exercé par les per-sonnes intéressées, contre les abus des ministres de la religion,et qui se rapporte aux deux especes de pouvoirs dont nous venonsde parler.
On n’a plus a craindre aujourd’hui les systèmes ultramontainset les excès qui ont pu en être la suite. Nous devons être rassu-rés contre les désordres auxquels les lumières, la philosophie, etl'état présent de toutes choses opposent des obstacles insurmon-tables.
Dans aucun tems, les théologiens sages et instruits n’ont confondules fausses prétentions de la cour de Rome, avec les prérogativesreligieuses du pontife romain.
il est même juste de rendre aux ecclésiastiques Français le té-moignage qu’ils ont été les premiers à combattre les opinions ul-tramontaines. Nous citons en preuve la déclaration solennelle duclergé en 1682. Par cette déclaration, il rendit un hommage écla-tant à l’indépendance de la puissance publique et au droit univer-sel des nations.
Les ministres catholiques reconnaissent un chef visible, qu’ils re-gardent comme uu centre d’unité dans les matières de foi ; mais ilsenseignent en même-tems, que ce chef n’a aucun pouvoir direct niindirect sur le temporel des états, et qu’il n’a dans les choses mêmepurement spirituelles, qu’une autorité subordonnée aux conciles etréglée par les anciens canons.
Ceux d’entre les ecclésiastiques qui seraient assez aveuglespour croire que le pontife romain, ou tout autre pontife, peutse mêler, en quelque maniéré que ce soit, du gouvernement despeuples, inspireraient de justes alarmes, et offenseraient l’ordresocial.
On ne doit jamais confondre la religion avec l’état : la religionest la société de l’homme avec Dieu ; l’état est la société deshommes entr’eux.
Or, pour s’unir entr’eux, les hommes n’ont besoin ni de larévélation, ni de secours surnaturels ; il leur suffit de con-sulter leurs intérêts, leurs affections, leurs forces, leurs diversrapports avec leurs divers semblables ; ils n’ont besoin que d'euxmêmes.
La question de savoir si le chef d’une société religieuse outout autre ministre du culte a un pouvoir sur les états, se réduitaux termes les plus simples. Chaque homme, par la seuleimpulsion de la loi naturelle, n’est-il pas chargé du soin desa propre conservation ? Ce que chaque homme, peut pourson salut individuel, pourquoi le corps politique, qui est une vasteréunion d’une multitude d’hommes, ne le pourrait-il pas pour leursalut commun 1 la souveraineté est-elle autre chose que le résul-tat des droits de la nature combinés avec les besoins de lasociété ?
Ces questions n’ont jamais appartenu à la théologie ; elles sontpurement civiles. Elles doivent être décidées par les maximes