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Arnaud, les Bossuet , les Turenne. Mais je crois qu'aucun d’euxn’eut l’intention de substituer à l’intolérance des prêtres contrelesquels ils déclamèrent si éloquemment, l’intolérance des athéeset des déistes. Je sais que les philosophes les moins crédulesont pensé qu’une société d’athées ne pouvait subsister long-temps;que les hommes ont besoin d’ètre unis entr’eux par d’autresrégies que celles de leur intérêt, et par d’autres lois que cellesqui n’ont point de vengeur lorsque leur violation a été secrette;qu’il ne suffit pas de reconnaître un Dieu ; que le rulte est à lareligion ce que la pratique est à la morale; que sans culte, lare-ligion est une raine théorie bientôt oubliée ; qu’il en est desvérités philosophiques comme des initiations des anciens: tout leinonde n’y est pas propre.
Et si l’orgueil autant que le zele de ce qu’on croyait la vérité,a porté à dévoiler ce qu’on appelait des erreurs, on ne pensaitcertainement pas aux pernicieux effets que produirait cette mani-festation. Qui aurait voulu acheter la destruction de quelqueserreurs, non démontrées, au prix du sang de ses semblables et dela tranquillité des états ?
A l’homme le plus convaincu de ces prétendues erreurs, jedirai donc : Nous ne rétrogradons pas; ce sont vos imprudensdisciples qui avaient été trop vite et trop loin. Le peuple, restéloin d’eux, avait refusé de les suivre ; c’est avec le peuple et pourle peuple que le gouvernement devait marcher ; il s’est rendu àses vœux, à ses habitudes, à ses besoins.
Les cultes, abandonnés par l'état, n’en existaient pas moins;mais beaucoup de leurs sectateurs, offensés d’un abandon dontils n’avaient pas encore contracté l’habitude, et qui était sansexemple chez toutes les nations, rendaient à la patrie l’indifférencequelle témoignait pour leurs opinions religieuses. On se lesrattache en organisant les cultes ; on se donne des partisans etdes amis, et l’on neutralise ceux qui voudraient encore resterirréconciliables. On ôte tous les prétextes aux mécontentenieiiset à la mauvaise foi : on se donne tous les moyens.
Comment donc ne pas applaudir à un traité qui dans l’intérieur,rend à la morale la sanction puissante qu’elle avait perdue; quipacifie, console et satisfait les esprits ; qui, à l’extérieur, rendaux nations une garantie qu’elles nous reprochaient d’avoir ôtéeà nos conventions avec elles ; qui ne nous sépare plus des autrespeuples, par l’indifférence et le mépris pour un bien commun,auquel tous se vantent d etre attachés. C’est au premier bruit duconcordat que les ouvertures de cette paix, qui vient d’être siheureusement conclue, furent écoutées. Nos victoires n'avaientpas suffi ; en attestant notre force, elles nous faisaient craindreet haïr. La modération, la sagesse qui les ont suivies, cettegrande marque d’égards pour i’opiuion générale de l’Europe nous les ont fait pardonner, et ont achevé la réconciliationuniverselle.
Le concordat présente tous les avantages de la religion, sansaucun des inconvéniens dont on s’était fait contre elle des