392
tiques et physiques, nécessaires dans le plus grand nombre desprofessions. On a supprimé ce qu’il y avait de suranné et desurabondant, ce qui pêchait par les deux genres d’excès dans lesinstitutions précédentes. Tout ce qui appartient à une éducationlibérale, se trouvera compris dans les lycées ; néanmoins ils neseront pas tous uniformes et égaux. Les localités, la populatioules ressources, les habitudes, les dispositions pour diverses connais-sances, les besoins variés comme le sol et l’industrie, exigent inipé-rieusemeut une diversité dans les genres et le nombre des sciencesenseignées. La loi doit cependaut fixer un minimum eu ce genre,puisqu’il est nécessaire qu’aucune des écoles nationales, ne soit dé-pourvue du caraclese d’universalité d'enseignement sur lequel ellessont fondées, et qui en constitue le type. Aussi le projet exige-t-ilau moins huit professeurs ; mais il laisse au gouvernement le droitd'augmenter ce nombre, ainsi que celui des objets d’instructiondans ceux des lycées qui le mériteront par le nombre et par lesprogrès de leurs éleves. Les lycées recevront quatre genres d’é-leves : ceux qui le gouvernement y placera immédiatement, ceuxdes écoles secondaires qui y entreront parle concours, les eufansque les parens y mettront en pension, et des éleves externes.
L'enseignement sera progressif, depuis les premiers principesdes langues et de la littérature des anciens qui doivent commencertoute éducation libérale, jusqu’aux éîéinens des sciences, qui ontrepu un si grand accroissement en France durant le dernier tiersdu dîx-buitienie siècle. Les éleves à tous les degrés d’instructiony recevront, clans des classes successives et graduées, tous lesgenres de connaissances qui peuvent les guider dans le plus grandnombre des états de la société, et celles même qui doivent initierquelqu’uns d’entr’eux dans l’étude approfondie des sciences.
Une des parties du projet qui se distingue le plus de l’état ac-tuel des éiablissemens d’instruction c’est le genre d’administrationdes lycées. Le vide laissé dans la loi du 3 Brumaire sur cettepartie, a. rendu difficile, incertaine, variable ou nulle l'administra-tion des écoles centrales. Dans les lycées dont un pensionnatnombreux est la base, où une population studieuse sera rassemblée,ce vide, s’il y avait existé, aurait eu des effets bien plus fâcheuxencore que dans les écoles centrales dont tous les éleves sont desexternes.
On a dû donc s’occuper de former une administration forte.Un supérieur, sous le nom de proviseur, surveillera en chef toutesles parties. Il aura sons lui deux fonctionnaires, l’un attaché auxétudes comme censeur, l’autre occupé du matériel comme procu-reur. Le premier surveillera tout ce qui appartient à la discipline,à l’étude, à la conduite des éleves; il les suivra partout ; il s oc-cupera rie l’emploi de leur tems, de leurs progrès, de leurs mœurs.Le second dirigera toutes les parties de dépenses de l’établisse-ment ; il s’assurera de la bonne dispensation, de l’entretien, du/ecouvrement des fournitures de tous les genres. Ces deux fonc-tionnaires subordonnés au proviseur, formeront avec lui un conseil