que des leçons d’une expérience renouvelée trois fois par moisdans chacune des grandes villes de la République .
Pour peu qu’on réfléchisse sur la nature (les motifs qui sontpropres à décider les hommes en général, et de ceux qui sont par-ticulièrement susceptibles d'entraîner les Français , il est difficilede ne pas regarder la possibilité d’ètre admis un jour dans la lé-gion d’honneur comme capable d’appeler dans les différentes pro-fessions, des citoyens faits pour s’y distinguer, et d’ajouter danstous les instans à l’énergie des efforts qui peuvent naître du désird’être utile et remarqué. L’analogie d’un semblable ressort avecle caractère national me paraît prouvée par l’histoire de la révo-lution.
Toutes les institutions féodales et leurs conséquences, toutesles distinctions reprouvées par la liberté, avaient été détruitessans aucune exception par cette assemblée constituante, qu’un amides idées libérales cite toujours avec complaisance; il existaitun décoration qui avait été créé et quelquefois réservée pour lemérite personnel ou pour de longs services. Quoiqu’elle eût legrave inconvénient de n’être pas applicable au soldat comme àl’officier,quoiqu’elle appartientexrJusivement aux militaires,quoiqueles abus de l’ancien régime en eussent atteint la distribution,l’assem-blée constituante crut devoir laisser subsister cette insitution, parrespect pour le principe qu’il avait fondé et d’après la persuasionque ce principe était en accord avec le caractère et les seutimensde la nation. Mais il existait en France avant la révolution, ilexiste aujourd’hui dans presque toutes les parties de l’Europe , descorporations établies et maintenues par des idées absolument in-compatibles avec notre système politique. Ne serait-ce pas uneraison pour ne rien créer qui se rapportât à des corporations parune ressemblance quel conque"? J’ignore si je m’abuse, mais il mesemble que la réponse à cette question n'esl pas du tout l’aveuqu’on doit à une objection solide ; qu’elle fournit au contraire,un nouveau moyen à l’appui de la loi qui propose la création d’unelégion d'honneur.
Lorsqu’un Etat se trouve placé entre le souvenir des tems an-terieurs et l’exemple des étrangers pour des institutions dont l’influ-ence n’est pas douteuse, et qui font partie des moyens avec lesquelson agit sur les hommes, il peut ou s’opiniâtrer à ne fonder aucuneinstitution analogue, ou au contraire adopter la même intentionavec discernement aux principes de sa constitution. Dans le pre-mier cas il se prive d’un avantage dont jouit ailleurs l’autorité pu-blique, et il laisse une sorte de lacune dans l’organisation sociale.Elle se complette dans la seconde hypothèse, la force du gouverne-ment augmente et les principes sur lesquels il repose se consolidenten recevant une application égale à celle qu’obtiennent des max-imes différentes dans des pays autrement constitués.
Cette considération ne saurait être froidement accueillie pardes hommes d’Etat, qui ont assisté au développement d’unerévolution mémorable et à la création du gouvernement, qui en aenfin fixé les résultats. Chacune de leurs remarques, chacune de
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