556
d'accord avec la disposition du gouvernement Français qui nepouvait pas voir qu’avec plaisir une augmentation de puissanceaccordé à un prince dont les vertus avaient obtenus depuis Ion "-teins l’estime de l’Europe , dont les alliances avaient si honorable-ment distingué la famille, et dont la conduite, pendant tout lecours de la guerre, a mérité particulièrement la bienveillance dela république. C’est aussi avec une véritable satisfaction que laFrance et la Russie , obligées de prendre la sécularisation pourbase des dédommagemens, ont reconnu la possibilité de conserveren empire un électeur ecclésiastique, et qu’ils ont proposé de luiassigner un sort convenable en lui laissant le titre et les fonctions( d’archichancelier.
On a dû présenter encore à la diète de l’empire quelques consi-dérations générales qui doivent servir de base aux réglemens in-térieures qu’exigera la nouvelle organisation du corps Germa-nique ; et le premier consul et S. M. l’Empereur de Russie peuventsans doute se rendre le témoignage qu’uniquement animés dudésir de consolider la paix en Europe , et u’étant mus par aucunintérêt personnel, il n’a rien été négligé de leur part pour pré-senter à la diète de l’empire un plan d’indemnisation tel, qu’il aparu impossible d’en rédiger un dont les bases et les développe-niens fussent plus conformes à l’esprit et au texte du traité deLunéville, plus analogues aux convenances politiques de l’Europe ,plus favorables au maintien de la paix.
Les deux gouvernemens de France et de Russie ont la persua-sion que le temps qu’ils ont marqué doit suffire pour la décisiondes intérêts Germaniques et ils trouvent dans la longue pros-périté qui en résultera pour l’Allemagne , une douce et honorablerécompense des efforts qu’ils auront faits pour la lui procurer.
(Moniteur, No. 344. 14 Fructidor, an 10.)
Extrait d’une Lettre de Londres , le 8 Thermidor.
Je viens aux élections,
La première chose qu’on désire savoir, est celle-ci : à quellesconditions est-on électeur? En effet, la solution de cette questionpeut seule apprendre si le système représentatif est démocratiqueou aristocratique. Il sera tout ce que vous voudrez, car il n’y arien de fixe à cet égard.
Pour être électeur là il faut une propriété; ici, une quotitédéterminée d’impôts; ailleurs, rien. A Londres même, qui votedans la cité, ne voterait pas s’il habitait le quartier dit Westmin-ster. H y a plus, tel homme qui, dans son canton, n’a pas lesqualités requises pour être électeur, n’en est pas moins nommemembre du parlement par le canton voisin du sien. Voulez-vous,plus encore? Vous trouverez des bourgs où l’élection se fait toutsimplement par le maire et les municipaux ; et si cela ne vous