voyance ; et engagé le dernier dans une guerre qui ne pouvaitavoir pour lui que des chances fâcheuses, il était dans la naturede sa position de ne pouvoir s’y soustraire que le dernier.
Ce n’a été qu’après la pacification des puissances de l’Europe ,que la sublime porte a pu négocier sans contrainte. Mais dumoment où elle a pu traiter seule avec la France , les deuxempires ont été à l’instant pacifiés. Le traité du 6 Messidor aété conclu, et le grand ouvrage de la pacification générale à étéconsommé.
Ce traité rétablit dans leur intégrité les anciens rapports quiunissaient les deux états, et en cela il pourvoit pleinement à toutce que demandent les intérêts, les besoins de l’empire Ottoman ,les intérêts et la gloire de la France .
La joie éclatante qui, à Constantinople , a signalé la publica-tion de celte nouvelle a prouvé quel prix le gouvernement et lepeuple mettent au retour de l’amitié du peuple Français . Soninterruption a été marquée par de graves erreurs et de plus gravesdangers. Désormais ce gouvernement se repose sur l’espoir detrouver au sein des difficultés inhérentes à sa politique et sa posi-tion, les conseils d’une puissance toujours amie, et véritablementintéressée à sa prospérité.
Les intérêts du commerce de la France sont assurés par letraité. Les citoyens Français commerçans en Turquie , y retrou-veront bientôt les propriétés qui leur avaient été séquestrées, etdès ce moment, leurs droits, leurs anciennes prérogatives et leurprépondérance commerciale. Un article spécial stipule pour lescompensations qui leur sont dues.
L’honneur de la France et la dignité de son gouvernementexigeaient que des exceptions trop long-tems tolérées par l’anciengouvernement Français , à l’exercice des privilèges de notre navi-gation, fussent enfin levées, ces exceptions n’existent plus. L’ac-cès de la Mer-Noire nous ouvre désormais une route nouvelle, etlasphcredu commerce s’aggraiidit des communications directesde la France, avec les provinces méridionales de la Russie . Lesouverain de cet empire, s’élevant par ses lumières au-dessus despréjugés d’une jalousie vulgaire, sent justement que tout ce quitend à multiplier les rapports de l’industrie d’une nation à cesd’une métré, est avantageux à l’industrie de toutes.
La sublime porte n’avait à désirer que l’amitié de la France .La paix qui vient d’être conclue lui en assure tous les bienfaits,elle ouvre devant elle une nouvelle carrière de repos et de sécu-rité, ce gouvernement, revenu à ces anciennes maximes, trouveradans les fécondes communications de notre commerce avec sesétats d’Europe, d’Afrique et d’Asie , et dans le retour de ses sen-timens de confiance, les moyens dont il a besoin, pour se con-server dans la position honorable et sûre dans laquelle il vientd’être replacé.
Ch. Mau. Tauleyrand.