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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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(Moniteur, No. 83.)

Paris le 22 Frimaire.

N’oublions pas que nous considérons ce qui se passe en An-gletere, pour achever notre cours de politique.

L’adresse de remercîment du roi ayant été votée sans division,c'est à dire, sans amendement, et à l’unanimité, ou pouvait croirequ’il n’y avait qu’une opinion dans le parlement ; cependant, onferait déjà un volume des discours contradictoires auxquels cetteadresse à donné lieu. Quand on assemble des hommes pour par-ler, il faut bien qu’ils parient ; et comme très-souvent ils n’au-raient rien à dire si l’esprit de parti ne les animait, on doit s’atten-dre que l’esprit de parti se manifestera partout où des hommesseront rassemblés pour délibérer.. Tous les discours prononcésjusqu’à présent, n’ont donc servi qu’à montrer les partis qui di-visent le parlement: on peut en compter trois, celui du minis-tère actuel, celui de M. Pitt, et l’ancien parti de l’opposition, quiparaît vouloir soutenir les ministres qui ont fait la paix soit pourempêcher ou rétarder la rentrée au ministère de M. Pitt et dessiens, soit pour y pousser avec eux quelques-uns des membresmarquaus de l’opposition, ce qui est plus probable.

Ces trois partis sont d’accord, avec mille modifications qu’ungrand Etat ne peut être indifférent à ce qui se passe dans lesautres Etats; c’est-à-dire, que l’Angleterre voudrait intervenirencore une fois dans les affaires du Continent, quoiqu’elleait posé en principe, au moment de la paix que toute alliancecontinentale lui était onéreuse. Malgré les coups que se sontportés les divers orateurs, aucun n’a expliqué pourquoi l’Angle-terre prétendait s’isoler du Continent au moment de la paix, etpourquoi elle voudrait aujourd’hui y reprendre de l’influence.Nous allons suppléer à leur silence.

Dans la devuiere guerre, le cabinet de Saint-James s’est plaintd'avoir été abandonné par tous ses alliés ; cela est faux ; c’estl’Angleterre qui a sacrifié toutes les puissances qui s’étaient arméesà son instigation. Nous prendrons l'Autriche pour exemple.Lorsque la cour de Vienne fit la paix, c’était incontestablementun besoin pour elle ; comme l’Angleterre avait fait des conquêtes,si elle eût voulu intervenir dans le traité elle aurait nécessaire-ment, mis dans la balance le poids des compensations ; c’est cequ’elle voulait éviter. L’Autriche fut abandonnée à elle-même,avec tous les désavantages d’une puissance abattue par des dé-faites; la France n’abusa point de ses victoires, mais ce n’est pasau Cabinet Britannique que celui de Vienne dut les arrangemensque décidèrent la paix. Ainsi, il est incontestablement prouvéque l’Autriche fut abandonnée par l’Angleterre, qui déclara'dors qu’elle ne voulait plus intervenir dans les affaires du Con-tinent. Le Cabinet de Saint-James fit ensuite sa paix séparée,avec tous les avantages d’une puissance qui a fait des conquêtes,et qui ire traite que pour elle; c’est-à-dire qu’elle restitua beau-coup moius qu’elle n’aurait restitué, si elle avait traité à-la-fois4 L