pour elle et ses alliés. Aujourd’hui qu’il n’y a plus de compefi.salions à faire, 1 Angleterre change de principe, et dit qu’elle nepeut rester indifférente à ce qui se passe en Europe . Ainsi, pourexpliquer cette politique variable, il faut se persuader qu’uni-quement guidé par son intérêt, le ministère Anglais s’isole pourconserver les profits de la guerre, et s’allie pour n’en pas supporterles charges. Voilà le secret de la différence que quelques mois ontintroduite dans les opinions du parlement. Et ces hommes osent seplaindre de n’avoir plus d’alliés ! Parce qu’ils donnent de l’argent,ils pensent être quittes de toutes obligations ; risquer ses États*pour augmenter le commerce de l’Angleterre, est un si grand bon-heur que les banquiers, &c. Londres ne conçoivent pas com-ment les gouvernemens s’y refusent. Ils avaient fini par croirequ’il leur serait toujours loisible de dire aux rois : “ Battez-vous“ pour nous, nous ferons la paix sans vous, en vous accusant de“ n’avoir pas remporté des victoires au prix convenu.”
Après avoir refrisé d’assister au traité de Luneville il est bizarreque l’Angleterre discute ce traité dans lequel elle n’est pas mêmenommée. Qu’on y ajoute, qu’on y retranche, de quel droit s’enplaindrait-elle ? Qui lui a dit que tout ce qui s’est pa^sé depuis,n’était pas convenu d’avance entre les puissances contractantes ?■Qui lui répond qu’il ne se passera pas encore beaucoup d’autreschoses sans que les parties intéressées pensent seulement à ce qttele parlement Anglais en dira 1 Pour avoir un prétexte de s'in-téresser au sort des puissances continentales, il ne fallait pasne traiter que comme puissance maritime et insulaire.
L’Angleterre reproche à la France une ambition sans bornes ;il ne faut point juger l’ambition d’une nation par ses victoires,parce que ces victories ne prouvent que son courage ; aussi, sansnous amuser à discuter cette accusation, nous ferons parler lesfaits. L’Angleterre avait de nombreux alliés au commencementde la guerre il ne lui en restait plus un seul quand elle a fait lapaix ; la France, au contraire, s’est trouvée seule contre l’Europe entière, et chaque paix qu’elle a faite lui a procuré des alliés;or, on peut demander quelle est la puissance dont l’ambition estplus fatale aux autres goui ernemens, de celle qui avait des al-liés et les a perdus sans cesser de faire des conquêtes, ou de cellequi n’avait point d’alliés en commençant la guerre, et qui encompte dans toute l’Europe , à la paix generale.
Un membre du parlement a avancé que la France avait de*alliés, parce qu’elle flattait leurs projets; il est impossible demieux raisonner, car il est clair que toute alliance entre de grandsEtats repose sur les avantages réciproques qu’ils peuvent se ga-rantir ; mais on chercherait vainement quels avantages pourraitprocurer et garantir aux autres nations, un peuple qui fait pro-fession de ne combattre que pour son commerce. L Angle-terre est hors du continent, qu’elle y reste; c’est aujourd’hui etpour long-tems le premier principe de la politique Européenne .
Nous avons prouvé que les Anglais ne cherchent des alliancesque pour faire la guerre, et qu’ils s’isolent pour faire la pa 15 >