landis que la France soutient la guerre par ses seules forces, et nes’allie que (tour assurer la paix; cette différence de conduite, sihonorable pour la nation Française , a dû fixer la politique detoui les cabinets de l’Europe ; aussi ne doit-on pas être étonnéd’entendre l’Angleterre se plaindre de ne pas trouver d’alliés ; lecontraire seul pourrait produire de l'étonnement.
Maintenant, il est nécessaire d’examiner pourquoi il existetant d’agitation dans ce qui compose le gouvernement Anglais ,tandis que la plus grande assurance se remarque dans la conduitede notre' gouvernement. Nous ne pouvons mieux faire que deciter un passage des Lettres sur V Angleterre ; fauteur écrivait,il y a six mois.
« Pour tracer, d’un mot, la position actuelle des Anglais et des« Français, je dirai qu’au-deltors comme dans l’intérieur, la France “ a retrouvé son équilibre, et que l’Angleterre cherche le“ sien.”
Celte phrase renferme l’explication de tous les débatsqui ont eu lieu dans le parlement. Il n’est pas un Anglais qui 11esente que son pays a perdu l’ascendant qu’il avait acquis en Eu-rope avant la révolution; et par la faute de la France , cet ascen-dant était une usurpation ; mais les Anglais en jouissaient avecorgueil. Ils ne peuvent se résoudre à y renoncer, et cependantils avouent quils sont hors d’état de la reprendre. De là, toutesles contradictions qu’on remarque dans les discours des orateurs;l’un s’écrie. “ Nous sommes sur le bord de l’abîme;” l’autrejure que jamais la sûreté ne fût plus grande ; celui-là fait un ta-bleau brillant de la prospérité nationale ; celui-ci pleure la ruinedu commerce et de la patrie ; ils disent tous d’une maniéré dif-férente, et cependant ils ont tous raison. Il ne s'agit que desavoir de quel point ils partent et où ils veulent aller.
Les orateurs qui ne regardent l’Angleterre que comme une puis-sance marchande (en supposant que ces (leux mots puissent dé-sormais s’allier) ont raison d’affirmer qu’elle est dans un état deprospérité, et quelle a plus gagné que perdu par la guerre. Lesorateurs qui songent que l’Angleterre avait allie la gloire et lecommerce, réfléchissent qu’une nation ne perd jamais sa gloire im-punément, et qu’il vaudrait mieux pour elle n’avoir pas annoncédes prétentions trop hautes, que d’être obligée d’y renoncer ;ces orateurs-là, ue voient que malheur dans l’avenir, et ils pour-raient avoir raison.
D’autres orateurs (car il y en a de toutes les especes) en conve-nant que l’Angleterre a vu diminuer sa considération, disent quecette considération n’est pas absolument nécessaire à la prospé-rité d’un peuple marchand, et que si on veut de bouhe foi se sou-mettre aux circonstances, 011 trouvera qu’on n’a perdu qu’uneillusion très-onéreuse; ils ont aussi raison. Mais en attendantque toutes ces raisons-là s’accordent, les opiuions flottent dans levague, les esprits se tourmentent, et si les Anglais étaient assezfaibles pour se laisser entraîner par ceux qui prédisent aujourd’huique leur pays est perdu, il est incontestable qu’il le serait dans peu,