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pouvoir (ie la France . Tout annonçait le retour de sa prospérité;mais une maladie cruelle l’a livré à de nouveaux malheurs. Enfinje fléau qui désolait notre armée a cessé ses ravages; les forcesqui nous restent dans la colonie, celles qui y arrivent de tous nosports, nous garantissent qu’il sera bientôt rendu à la paix et aucommerce.
Des vaisseaux partent pour les îles de France et de la Réunion,et pour l’Inde .
Notre commerce maritime recherche les traces de ses anciennesliaisons, en forme de nouvelles, et s’enhardit par des essais.Déjà une heureuse expérience et des encouragemens ont raniméles arméniens pour la pêche qui fut loug-tems le patrimoine desFrançais . Des expéditions commerciales pius importantes sontfaites ou méditées pour les colonies occidentales, pour l’île deFrance pour les Indes.
Marseille reprend sur la Méditerranée son ancien ascendant.Des chambres de commerce ont été rendues aux villes qui enavaient autre fois; il en a été établi dans celles qui, par l’étenduede leurs opérations et l’importance de leurs manufactures, ontparu les mériter.
Dans ces associations formées par d’honorables choix, renaî-tront l’esprit et la science du commerce. Là, se développeront sesintérêts toujours inséparables des intérêts de l’état. Le négocianty apprendra à mettre avant les richesses, la considération qui leshonore, et avant les jouissances d'un vain luxe, cette sage éco-nomie qui fixe l’estime du citoyen et la confiance de l’étranger.
Des députés choisis dans ces différentes chambres, discuteront,sous les yeux du gouvernement, les intérêts du commerce et desmanufactures, et les lois et réglemens qu’exigeront les circon-stances.
Dans nos armées de terre et de mer se propagent l’instructionet l’amour de la discipline : la comptabilité s’épure dans les corpsmilitaires; une administration domestique a succédé au régimedilapidateur des entreprises et des fournitures. Le soldat mieuxnourri, mieux vêtu, connaît l’économie ; et les épargnes qu’il versedans la caisse commune, l’attachent à ses drapeaux comme à safamille.
Toutes les sources de nos finances deviennent plus fécondes.La perception des contributions directes est moins rigoureuse pourle contribuable. On comptait en l'an 6 , cinquante millions engarmssaires et en contraintes, et les recouvremens étaient arriérésde trois ou quatre années. Aujourd’hui on n’en compte pas troismillions, et les contributions sont au courant.
Toutes les régies, toutes les administrations, donnent des pro-duits toujours croissaus. La régie de l’enregistrement est d’unefécondité qui atteste ie mouvement rapide des capitaux et lamultiplicité des transactions.
Au nnlieu de tant de signes de prospérité, on accuse encore1 excès des contributions directes.