véritable position de !a Suisse , si long-temps en butte aux factionsrévolutionnaires, et aux agitations intestines, il a pris sa ferme ré-solution d’enchaîner à jamais la discorde et tous les fléaux dé-vastateurs qu’elle traîne à sa suite ; de ramener ses habitans àl’ordre sociale, convaincu qu’une nation qui s’est toujours signaléepar la franchise et la loyauté de sou caractère ne pourrait qu’êtredigne de sa protection spéciale.
« La journée du dix-huit Brumaire, an 8, d’où la France date de sa renaissance à la prospérité, est aussi l’époque où lesSuisses ont dû commencer à espérer un ordre de choses plus stableet plus conforme à leurs mœurs. Leur attente se trouve justifiée ;et si elle ne l’a été plutôt, c’est que les plaies profondes de larévolution Française ne pouvaient se cicatriser tout-à-coup ; degrands changemens devenaient indispensables, dans l’état, et ab-sorbaient les momens précieux que Bonaparte consacrait au bon-heur des peuples, dont il avait si glorieusement défendu les inté-rêts; ce sont ses succès qui ont amené la tranquillité dont vousjouissez maintenant, et qu’il dépend de vous de perpétuer.
“ L’acte de médiation du 13 Pluviôse, an 11 (19 Février 1803),chef-d’œuvre de législation et l’admiration des plus célébrés publi-cistes, a été présenté avec cette magnanimité qui caractérise cegénie extraordinaire : l’empressement que vous avez montré àl’accueillir, et les témoignages de reconnaissance que vous avezmanifestés pour ce bienfait inappréciable, sont des garants incon-testables du bonheur que vous avez lieu d’en attendre.
“ Vous êtes tous convaincus, messieurs les députés, que laprospérité dont jouissait la Suisse avant l’époque malheureusedes fluctuations révolutionnaires, provenait essentiellement desbienfaits sans nombre de la monarchie Française , soit par les trai-tés d’alliance défensive, de commerce et de capitulations mili-taires, soit par les forces imposantes qu’elle pouvait à chaque in-stant déployer contre toute puissance qui aurait voulu porter at-teinte à votre territoire, ou à votre constitution fédérale. Et bien !messieurs les députés, ces mêmes bienfaits vous sout offert par lepremier consul ; ce gage d’estime qu’il accorde à la Suisse , doitvous convaincre de l’intérêt personnel qu’il attache à votre pros-périté future. 11 vous mettra à même de recouvrir cette situa-tion heureuse, due à la modération et à l’économie que vos an-cêtres avaient établies dans votre administration. Des jours plussereins présagent un avenir satisfaisant, et la première dieteHelvétique aura eu l’avantage glorieux d’avoir posé la premièrepièce de votre édifice politique.
“ Le choix qu’il a fait de M. le général d’Affry pour premierLandannnam de la Suisse, est une nouvelle preuve de l’intérêtque vous lui inspirez. Personne ne pouvait sans doute mériterdavantage votre confiance. La modération des principes du géné-ral d’Affry, ses talens, sa fermeté et son amour pour la patriedevaient nécessairement lui assurer tous les suffrages. Vous avez