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rencontrait partout, non pas quelques corps et métiers ralliées sousde.< bannières de confréries, niais les villes entières levtes au sig-nal de la patrie menacée et faisant retentir ies airs de chant»civiques et d’hymnes à la liberté. L'homme que son zele, etquelquefois sa modestie plaçait dans les rangs oit l’âge, le talent etle mérite se plaisaient à se confondre, savait bien que ce n’étaitpas pour défendre la vaisselle plate de son capitaine (l) qu’ilabandonnait sa femme et ses eufans, allait exposer sa vie et verserson sang. Un autre motif l’appelait aux armes. Le besoin desortir du néant où une race dégénérée avait plongé la ['ranceentière, et de disputer à d’insolens et béiéditâmes privilégiés laconsidération qui appartient au mérite seul, voilà ce qui avaitsoulevé toute une grande nation, voilà ce qui a recruté pendantlong tems une année qui, d’abord de 1,200,000 hommes,' s’estconstamment et facilement maintenue à la hauteur des dangers etdes besoins de la patrie.
Four enlinmmer les soldats de la liberté, on n’avait pas recours àde lâches et sottes caricatures contre les ennemis de leur pays; ilsuffisait de leur dire que la révolution, qui en faisait des hommeslibres, était menacée par une coalition impie, et l’on n’etait pasréduit à invoquer leur pitié en faveur d’un ordre de choses quine garantit à la majorité que sa misere et son opprobre. Aussi laFrance était la terre de Cadmus, hérissée de piques et couvertede défenseurs. Le soin que l’on a plis en Angleterre de parodiernotre levée en masse, n’a servi qu’a prouver la pauvreté des moyensdont on dispose. Une fanfaronnade du Gouvernement Anglais a fait défendre de recevoir des nouveaux volontaires qui se pré-sentaient en foule ; mais pour apprécier cette mesure, il est bond’en connaître les motifs.
La vérité est que le gouvernement, beaucoup p'u; effraye queflatté de l’empressement de ceux qui demandaient a être armés,n’a pas trouvé d’autre moyen d’arrêter leur zele plus que suspect.En outre, demander à être volontaire, était un moyen d’éviterd’être enrôlé, et il est aujourd’hui connu que beaucoup de vo-lontaires n’ont pas eu d’autre vocation. Tout cet héroïsme aabouté à empêcher la faible armée de ligne Anglaise de se com-pletter, et il lui manque encore plus de dix mille hommes, malgréla ferveur avec laquelle les recruteurs Anglais expédient àleurs commettans l’écume du Holstein et la Haute-Saxe , pouraller défendre la gloire et les iutérèts de John Bull ou de sapatrie.
Nous ne dissimulerons pas que le désir de conserver degrands et lourds privilèges ne soit capab’e de quelque énergiepassagère, nous conviendrons si l’on veut, que les coudants deWestminster ont assez bonite mine sons leur uniforme rouge;mais si les légions de César ajustent aux visages, garre quecette belle troupe ne s’occupe bientôt de pourvoir à sa sureleindividuelle.
(1) La véhicule qui ruine encesnomeu'. la classe |>ûv 1 giée