donc aussi un fanatisme qui peut nous aveugler au point de nousfaire trouver légitime contre les autres, ce que m.us jugerionsinique et exécrable s’il fallait le souffrir nous-mêmes!
La publication de cette feuille, et d’un autre pamphlet intitulé ;la Crise, ht des affaires à Richard Steele ; il fut exclus de laChambre des Communes; mais il avait enflamme l’opinion popu-laire. 11 ne se tint pas pour battu : son apologie est contenuedans que brochure de 86' pages, intitlee Réflexions sur l’Impor-tance de Dunkerque, et sur 1 Etat présent de cette Place, avec nuecarte du nouveau port à Mardick, et le plan des anciens ouvragesde Dunkerque . (Même année et même volume )
Richard Steele ne donne ici que les mêmes raisons, qu’il déve-loppe davantage. Selon lui, la ville de Londies fait à elle seule lesdeux tiers du commerce d’Angleterre. Il conclut (page 82) que,,par la démolition de Dunkerque , le danger auquel ces deux tiersdit commerce Anglais ont été exposés pendant la derniere guerre,serait éloigné de 330 milles. Les Anglais avaient donc alorsterriblement peur des Français , puisqu’ils ne Couvaient rie salutqu’en les éloignant de chez eux de trois cent trente nniles ! LesFrançais pensent autrement, ils sont enchantés de savoir quel’Angleterre n’est qu’à sept lieues de la France . S ils avaient unvœu à former ce serait qu’elle en fut plus près.
Richard Steele regrette (page 6’7), que l’on n’ait pas exigé queLouis XIV déposât entre les mains des Anglais , l’argent necessaireà la démolition de Dunkerque: “ Le Roi de France , dit-il, était“ alors dans un état assez bas pour avoir accordé celte demande,‘‘ si l’Angleterre eut tenu bon.” La preuve qu il en donne, c’estque Louis XIV, en écrivant à l’Archevêque de Paris pour fairechanter le Te Peum à l’occasion de la suspension d’armes, avaitappelé cette résolution des Anglais un coup du ciel en sa fa'eur.
Cependant, il avait fallu détiuire ce superbe port. La forteresseavait été démolie au commencement de l'ëte de 1714. Le Risban,et les autres ouvrages du port furent comblés le premier Décem-bre. Plusieurs vaisseaux qui s’y trouvaient périrent aussi rôt.LouisXIV’avait ainsi exécuté l’article du traité d’Utrecht , maisla destruction des écluses faisait refluer les eaux, (pii allaient inon-der dix lieux de pays, si on ne leur procurait pas un écoulementvers la mer. On conçut le plan d'un canal long de 3000 toises,entre Dunkerquue et Gravelines . Ci tait un ouvrage coûteux.Une écluse ouvrait, par deux portes du poids de 50 milliers, deuxentrées pour les bâiiinens; c’est ce qu’on appelait le Canal deMardick. Ou posa la première pietre le 25 Août 1714.
Richard Steele téprit sa plume vuuleute, et jetta les hauts crisdans une feuille intitulée: l’Ltat présent de Dunkerque , il estforcé de convenir qu’on a démoli cette ville, mais il fait aux Fran-çais un crime impardonable d’avoir été assez habiles (c’est son ex-pression) pour creuser u t canal à travers, les dunes, entre Mar-dick et Dunkerque . C était, selon lui, couserver le même porttlçut op avait exigé la ruine (page 112). Cette nouvelle diatribe