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Section Seconde.
Ce il'est pas une partie peu importante de l’administration, quela magistrature qui veille à l’administration de police. Par elleet sons sa garde, des propriétés précieuses, mais mobiies sontgaranties, les mœurs publiques que le vol corrompt, sont con-servées. , ,
Son action facile à exercer sur un seul etablissement, ou surun pelit nombre de maisons, est impossible lorsqu’elles ont mul-tipliées.
Et quand cette action est arrêtée, le désordre intérieur des fa-milles, les larcins journaliers et non découverts, la corruption desenfans, des serviteurs, des apprentifs, sont la suite de son inter-ruption ou de sa difficulté.
L'impunité de ce ramas, honteux rebut de la société qui lesméprise, les redoute et u’altend que la preuve de leurs crimes pourleur eu infliger le châtiment ; l'impunité des escrocs, des filoux,est presque assurée par la facilité de trouver des recéleurs et descomplices.
Ces considérations puissantes et bien d’autres du même genre,que je laisse à votre sagesse, à vos lumières le soin de vous retra-cer, disent assez que la profession de prêteurs sur gages ne peutpas être rangée au nombre des professions libres et permises indis-tinctement à tous.
Section Troisième.
Mais pourtant ne doit-on pas respecter les droits acquis, exercéspaisiblement et sans interruption sous les yeux de l’administration?
A Dieu ne plaise que je prétende qué l’ordre doive ou puisse serétablir aux dépens de la justice ! En la blessant on ne fait quechanger la nature du désordre, on substitue un mal à un autre mal,au lieu d'y substituer le bien.
Mais ici l'ordre et la justice seront en même tems satisfaits.Nulle maison de prêt, aux termes de la loi, ne pourra être établiequ’au profit des pauvres et avec l’autorisation du gouvernement.
Les citoyens qui ont fondé des établissemens, qui furent en aideau peuple souffrant et à l’administration embarrassée dans destems de crise et de malheurs, qui ont respecté les lois, qui onttenu uue conduite irréprochable, ne sont pas compris dans la justeproscription invoquée dès long-tems contre ces repaires honteux,où l’avide usurier engloutissait et les riches dépouilles de l’opu-lence insensée, et les haillons de la misere aveugle.
Ils seront distingués ; leurs droils seront pesés, respectés etassujettis seulement aux sacrifices qu’exigeront l’ordre public etl’intérêt de la pauvreté.
Ainsi le bien-général s’opérera aux dépens d’intérêts privés queceux-là même qui les font valoir en secret, n’oseraient défendrepubliquement. La mauvaise foi scandaleuse, la honteuse cupi-pidé, l’immoralité barbare, l’escroquerie déguisée seront seulesfrappées.