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Excellence,
J'ai reçu avec la lettre de votre Excellence, du 3 Germinal, unexemplaire du rapport du grand juge relatif à la correspondancede M. Drake, ministre de sa majesté Britannique près la cour deBavière , avec les hommes qui conspiraient dans l’intérieur de laFrance contre le gouvernement.
Le tendre attachement de sa Sainteté pour la personne du pre-mier Consul, le respect que je lui ai voué, les services essentielsqu'il a rendu à la religion, la protection spéciale qu’il accorde àl'église, la reconnaissance que lui doivent non seulement les Ca-tholiques Français , mais encore ceux des pays voisines, ont faitnaître en moi la plus vive douleur, quand j’ai appris que ses joursavaient été en danger, et que la tranquillité publique avait été surle point d’être troublée.
J’étais alors bien éloigné de penser qu’aucun des agens diplo-matiques put être impliqués dans ce complot ; le caractère publicet sacré dont ils sont revêtus éloignait ce soupçon. Je vois avecla plus grande peine, par la correspondance que votre Excellencevient de me transmettre qu’un de ces agens s’est permis d’adresseraux ennemis du gouvernement Français dans l’intérieur, des ins-tructions des moyens et des plans. Je suis persuadé que saSainteté sera aussi sensible que je le suis moi-même à celte fâcheusenouvelle. Daignez assurer le premier Consul que le SouverainPontife a vu et verra toujours avec horreur tout ce qui tendrait àtroubler la paix intérieure de son gouvernement, sur laquelle re-pose l’édifice entier du rétablissement de la religion Catholique enFrance . Tout attentat contre ses jours précieux serait aux yeux(le sa Sainteté un crime aussi atroce en lui-même que funeste àl'église, pour le repos et la tranquillité de la France . Je ne doutepas que le corps diplomatique de l’Europe ne partage avec moices senlimens, et ne desavoue hautement quiconque, parmi lesmembres qui le composent, abuserait de son caractère pour pro-pager la discorde et fomenter des troubles.
Agréez, Excellence, que je vous répété ici l’assurance de mahaute considération.
J. B. Cardinal CaprarA,Légat à laterc du Souverain Pontife.
Citoyen Ministre,
Je rends bien des grâces à votre Excellence de la communica-tion qu’elle a bien voulu me faire du rapport du grand juge, dontelle m’a envoyé un exemplaire, que je ferai d’abord passer âVienne pour l’information de ma cour. L’opinion que le pre-mier Consul manifeste avoir des sentimens et des qualités ducorps diplomatique qui à l'honneur d’être accrédité près de sapersonne, prouve qu’il rend justice à tous les membres qui le com-posent, et certainement il ne se trompe pas, en pensant qu’il n’y
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